FF 2016
suisse, par son ouverture, augmente les chances pour les espions de passer
inaperçus.
–
Le gouvernement et l’administration suisses courent un danger en particulier
lors de négociations internationales âprement disputées (p. ex. sur des questions fiscales) ou lorsque d’autres États ont l’impression que la Suisse n’en
fait pas assez pour combattre des menaces pouvant également représenter un
danger pour ces États (p. ex. préparatifs d’actes terroristes, prolifération
d’armes dangereuses), ou qu’elle dispose d’informations qui pourraient être
intéressantes.
–
Les hautes écoles suisses, ainsi que les instituts de recherche publics ou privés, peuvent être des cibles attrayantes pour des services de renseignement
et des entreprises étrangers en raison des standards élevés et des découvertes
scientifiques qui présentent un intérêt économique.
–
Des opposants à des régimes étrangers et des contestataires étrangers qui se
trouvent en Suisse peuvent être surveillés par leur pays d’origine.
2.2.3
Terrorisme et extrémisme violent
Même si la Suisse n’a pas été victime d’attentats ces dernières années, le terrorisme
et l’extrémisme violent continuent à représenter une menace pour sa sécurité. Le
terrorisme à motivation djihadiste restera, dans les années à venir, la forme la plus
menaçante du terrorisme et de l’extrémisme violent pour notre pays. Il existe toutefois aussi un potentiel de terrorisme ou d’extrémisme violent dans d’autres domaines
(à visée ethnique et nationaliste, d’extrême droite ou d’extrême gauche), qui peut
déboucher sur des actions concrètes à brève échéance.
Ces dernières années, la menace émanant du terrorisme à motivation djihadiste s’est
accrue; de fait, à l’automne 2015, l’organisation «État islamique» a envoyé des
personnes en Europe pour planifier et mener des attentats. Il faut s’attendre à
d’autres attentats sur le continent européen, dont les commanditaires seront vraisemblablement l’organisation «État islamique» et Al-Qaïda.
Des groupements extrémistes violents ou terroristes étrangers peuvent aussi mettre
en place des lieux de repli et de préparation en Europe. Ils peuvent tenter, même en
Suisse, de mener des activités de recrutement, d’appui logistique, de financement et
de planification d’attentats notamment, comme le montre le cas des membres d’une
cellule de l’organisation «État islamique» condamnés en première instance par le
Tribunal pénal fédéral en mars 2016. De telles activités peuvent amener des États
mettre une pression politique sur la Suisse ou à prendre des contre-mesures directes
susceptibles de porter atteinte à sa souveraineté, par le biais de l’espionnage par
exemple.
Internet offre à tous les groupements extrémistes violents ou terroristes des possibilités nouvelles, aussi bien pour la propagande que pour le développement d’un réseau
secret. Il facilite l’autoradicalisation de loups solitaires et la participation à la planification d’actes terroristes par-delà les frontières.
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