FF 2016 Facteurs déclencheurs: développements et conflits à l’étranger Des groupements extrémistes violents ou terroristes étrangers ont aussi des membres, des appuis et des sympathisants en Suisse. Leur stratégie et leurs actions sont définies en premier lieu par le contexte du combat qu’ils mènent, mais elles peuvent également être influencées par des événements en Suisse (manifestations, débats politiques). L’organisation «État islamique» a réussi à imposer son pouvoir dans une grande partie de la Syrie et de l’Irak. Elle a endossé le rôle de porte-drapeau du mouvement djihadiste qu’avait auparavant Al-Qaïda. L’attention des djihadistes à visées internationales se porte aussi sur la présence occidentale et sur les intérêts occidentaux dans le monde islamique. La Suisse est donc assimilée à l’Occident, sans toutefois être autant visée que les États occidentaux plus fortement impliqués dans la région. Cependant, si des événements ou des décisions politiques en Suisse étaient perçus comme étant hostiles aux musulmans au sein du monde islamique, la Suisse pourrait également devenir la cible de protestations violentes. Des combattants de retour des zones en conflit, radicalisés, endoctrinés et entraînés au combat, pourraient commettre des attentats, seuls ou par petits groupes. La radicalisation d’une personne ou sa mobilisation en vue d’un attentat peut se dérouler à distance via Internet et déboucher sur un passage à l’acte en Suisse. À l’heure actuelle, le risque existe de voir un terrorisme endogène se développer, en particulier dans le domaine du djihadisme. S’il est peu probable que la Suisse devienne une cible prioritaire des djihadistes, le risque demeure (et pourrait, le cas échéant, s’accroître temporairement) que des actes terroristes ponctuels y soient commis. De plus, des intérêts étrangers (p. ex. des ambassades) ou des organisations internationales en Suisse pourraient être exposés, de manière ponctuelle ou permanente, à une menace accrue liée à des groupements terroristes ou enclins à l’extrémisme violent dont l’identification (actuellement il s’agit principalement de personnes agissant seules ou de groupuscules ayant des liens parfois éloignés avec des groupements plus importants) représente un défi majeur, en particulier pour le renseignement. Ressources du terrorisme Les terroristes vont continuer d’essayer de commettre des attentats contre des cibles dites molles. Pour ce faire, ils recourront à des armes à feu et à des explosifs, mais en tâchant d’être le plus innovant possible et en cherchant à obtenir un effet maximal. Les attentats de Paris et de Bruxelles ont montré que les terroristes visent des civils innocents pour choquer fortement la population. Certains groupements pourraient aussi chercher à commettre des attentats impliquant des composantes nucléaires, radiologiques, biologiques ou chimiques. Pour une telle entreprise, il faut disposer non seulement des substances nécessaires, mais également des connaissances et des capacités spécifiques. L’engagement au combat de djihadistes en Syrie, un pays utilisant régulièrement des agents chimiques de combat, accroît la menace d’une diffusion de ce savoir-faire. En ce qui concerne la prolifération des armes non conventionnelles chez les acteurs non étatiques, il faut distinguer deux thématiques. D’une part, il y a le risque que des 7579

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