L’élaboration de cette synthèse tient également compte des réflexions actuellement conduites dans ce domaine par des universitaires et des experts indépendants. Parmi ces dernières, le Manuel de Tallinn 2.05 représente le travail le plus exhaustif mené dans ce domaine jusqu’à présent. Si son autorité demeure étroitement tributaire de celle reconnue aux experts à l’origine de sa publication, cette initiative est toutefois de nature à stimuler la réflexion internationale sur le droit international applicable aux cyber-opérations. Espace d’opportunité favorable au progrès, mais aussi de confrontation, le cyberespace offre de larges possibilités d’action aux acteurs qui l’investissent. Si la France entend prévenir, protéger, anticiper détecter, réagir, et se donner les moyens d’attribuer les cyberattaques, elle se réserve également le droit de répondre à celles qui visent ses intérêts6. Dans cette perspective, les normes que la France retient et met en œuvre pour appréhender les opérations cyber menées par les autres États ou les acteurs non-étatiques s’inscrivent dans le respect du droit international, aussi bien en temps de paix (I) qu’en situation de conflit armé (II). 5 Michael Schmitt (dir.), The Tallinn Manual on the International Law Applicable to Cyber Warfare, Cambridge University Press, 2013. Michael Schmitt et Liis Vihul (dir.), The Tallinn Manual 2.0 on the International Law Applicable to Cyber Operations, Cambridge University Press, 2017. 6 Il s’agit, notamment, des opérations qui visent des secteurs d’activité d’importance vitale, des infrastructures critiques, ou encore le secteur militaire. 5

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