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mais aussi un marché dans ce domaine. Tant ceux qui peuvent potentiellement
publier ces données que ceux qu’elles sont susceptibles d’intéresser font preuve de
moins de scrupules que par le passé. Même les États ne semblent plus gênés
d’acquérir des données par des voies illégales.
Alors qu’autrefois, l’espionnage impliquait que des agents foulent le sol suisse ou
recrutent des Suisses à l’étranger pour agir dans notre pays, au risque d’être arrêtés,
la situation a sensiblement changé ces dernières années. La forme traditionnelle de
l’espionnage reste certes ce qu’elle a toujours été, mais les connexions favorisées par
les réseaux informatiques permettent désormais d’accéder aux informations par voie
électronique, sans jamais devoir entrer sur le territoire de l’objet convoité. Même de
petits États ou de petites organisations peuvent aujourd’hui espionner leurs concurrents ou adversaires par ce biais. Pour les attaques ciblées, on emploie principalement des maliciels envoyés à des victimes soigneusement choisies.
Il est également possible d’intervenir dans les installations de gestion afin de provoquer des réactions imprévisibles, par exemple dans des usines ou des infrastructures
critiques, et, dès lors, pour saboter des systèmes critiques. Comme l’ont montré
différentes affaires, des agents et des techniques d’espionnage sous leur forme
traditionnelle accompagnent souvent les attaques de ce type. Une autre menace est la
destruction irrévocable d’informations (contre laquelle de bons plans de sauvegarde
sont utiles) ou leur falsification insidieuse (ce qui rend l’attaque beaucoup plus
difficile à déceler) par des maliciels.
Une autre forme de cyberattaque est la manipulation d’informations par le piratage
de sites Internet d’autorités étatiques, de médias ou d’entreprises, par exemple. La
diffusion de messages jetant le discrédit sur ceux-ci et l’interruption des services
peuvent nuire à leur réputation et influencer l’opinion publique. Les médias sociaux
permettent de diffuser des messages très rapidement et à moindres frais, y compris
ceux qui ont pour but de manipuler ou de discréditer autrui.
Manipulation des technologies de l’information et de la communication par des
États à la pointe de la technologie
Quelques rares États à la pointe de la technologie ont vu dans la mise en réseau
informatique de pratiquement toutes les banques de données et tous les systèmes de
pilotage techniques, et en particulier par la concentration du développement technique de composants réseau entre les mains de quelques sociétés, la possibilité de
mener des attaques encore plus pointues. Celles-ci vont de la manipulation d’installations de pilotage industriel à une surveillance des communications à l’échelle
mondiale.
Certains États sont en mesure d’influer sur la fabrication du matériel informatique et
des logiciels. En ayant accès à la programmation, en particulier aux mises à jour des
composants réseau et des systèmes d’exploitation ou en affaiblissant artificiellement
des systèmes de cryptage, il leur est possible d’intervenir directement dans les systèmes. Un adversaire potentiel n’a alors plus besoin de surmonter les obstacles posés
par les réseaux ou les pare-feu, puisqu’il se retrouve directement dans le réseau de
l’entreprise, à savoir dans les composantes matérielles ou logicielles produites par
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