FF 2016
velles réalités, l’orientation et la performance des instruments dont dispose la Suisse
pour mener à bien sa politique de sécurité doivent être adaptées pour satisfaire aux
nouvelles exigences.
Les changements dans la manière dont sont projetés les conflits concernent avant
tout l’armée. Ses capacités doivent s’adapter à la situation du moment tout en envisageant son évolution future, et non à ce qui valait par le passé.
Une partie de l’adaptation a consisté à examiner dans quelle mesure la perception de
ce qu’est un conflit armé (et donc également de la tâche de défense de l’armée) a
évolué et doit être revue en raison de la mise en parallèle de la conduite de la guerre
conventionnelle et celle de la guerre non conventionnelle. Cette question a été étudiée dans le cadre constitutionnel et juridique existant; les résultats de cette étude
sont résumés au ch. 3.3.3 du présent rapport. Le point essentiel est le fait que, dans
certaines circonstances, un conflit armé existe également lorsqu’une attaque est
menée par des groupements non étatiques et se déroule à l’intérieur d’un pays; le
terme ne désigne pas uniquement une attaque perpétrée par des forces armées étatiques à la frontière d’un État.
Des conséquences concrètes de la nouvelle structure des conflits ont été étudiées
dans le cadre du développement de l’armée, principalement sous l’angle de la disponibilité, de l’instruction et de l’équipement. Les attaques armées peuvent se dérouler
rapidement; l’armée doit donc pouvoir être mobilisée et engagée au plus vite, notamment pour la protection des infrastructures critiques. En raison de la diversité de
plus en plus grande des possibilités d’agression et de la probabilité accrue d’une
attaque contre des cibles civiles, l’armée doit être davantage orientée vers des tâches
de protection et de sécurisation, que ce soit sous la forme d’un engagement subsidiaire en appui aux autorités civiles ou dans le contexte de la mission de défense qui
lui incombe. Cette situation a des répercussions sur l’instruction et l’équipement.
Pour réagir efficacement à ces formes de conflits, il est important de pouvoir identifier et classer rapidement les infrastructures critiques par ordre de priorité. La tenue
d’un inventaire actualisé de ces infrastructures et son intégration dans un système
national de suivi coordonné de la situation sont essentielles, au même titre que la
mise en place et le contrôle de dispositifs de protection pour les ouvrages particulièrement importants.
Le grand potentiel de propagande et de désinformation doit être pris en compte dans
l’élaboration de l’information et de la communication de la part des autorités, pour
contrer ou du moins atténuer leur impact tout en rétablissant des informations et une
communication véridiques en cas d’événement. Pour cela, les autorités doivent
absolument tenir compte de la possibilité que l’adversaire puisse mener des campagnes d’information et reconnaître l’importance d’une information active et objective.
La dimension cybernétique dans les conflits modernes est une des raisons pour
lesquelles les entreprises et les exploitations des secteurs public et privé, ainsi que
les autorités – y compris l’armée – se protègent mieux dans ce domaine. Elle explique aussi pourquoi les capacités en matière de renseignement et de sciences
forensiques doivent être préservées et développées pour permettre d’identifier, de
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