LA LUTTE INFORMATIQUE
D’INFLUENCE (L2I)
1) DÉFINITION
La lutte informatique d’influence (L2I) désigne les opérations militaires conduites
dans la couche informationnelle du cyberespace pour détecter, caractériser et
contrer les attaques, appuyer la StratCom, renseigner ou faire de la déception, de
façon autonome ou en combinaison avec d’autres opérations.
Le lieu d’action de la L2I est la couche informationnelle1 du cyberespace. Du fait des
caractéristiques de cet espace, sa maîtrise requiert des compétences communes avec
celles de la LID et de la LIO.
Les opérations de L2I contribuent à la communication stratégique (StratCom2)
ministérielle. Ce sont des opérations militaires commandées par le chef d’état-major
des armées qui, comme pour les opérations de LID et LIO, en délègue le contrôle à
l’officier général commandant de la cyberdéfense (COMCYBER)3. Elles consistent,
pour l’essentiel, à détecter les attaques informationnelles susceptibles de nuire à la
réputation des armées ou d’entraver leur action, à les caractériser, à les contrer et à
promouvoir l’action de nos forces. La L2I peut aussi offrir, sur nos théâtres d’opérations,
des opportunités de recueil de renseignement et d’opérations de déception qui
doivent être pleinement exploitées.
Conformément aux engagements pris par la France, ces opérations sont menées dans
le strict respect du droit, national et international. Le développement des capacités
afférentes, d'outils de veille et d’action numérique et ressources humaines spécialisées,
est prévu par la loi de programmation militaire que ce ministère s’attache à mettre en
œuvre intégralement.
Le cyberespace se structure en trois couches indissociables d’où procèdent toutes les menaces :
• une couche physique, constituée des équipements, des systèmes informatiques et de leurs réseaux ayant une existence
matérielle (donc une territorialité qui ouvre sur un droit national voire international) et, pour certains d’entre eux, une
existence électromagnétique ;
• une couche logique, constituée de l’ensemble des données numériques, des logiciels, des processus et outils de traitement, de gestion et d’administration de ces données, ainsi que de leurs flux d’échanges, implantés dans les matériels pour
leur permettre de rendre les services attendus ;
• une couche cognitive, également appelée couche « cognitive » ou « sémantique », constituée des informations et des
interactions sociales de toutes sortes qui se trouvent dans le cyberespace et des personnes qui peuvent déclarer plusieurs
identités numériques. Cette concentration d’informations fait de la couche cognitive une interface majeure avec les autres
couches du cyberespace, les populations et leur environnement informationnel.
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La communication stratégique (ou StratCom) des armées est le processus qui permet de cadrer la conception et la conduite
de toute activité militaire des armées françaises comme un message cohérent, crédible et efficace auprès des principaux acteurs qui en ont connaissance, qu’il s’agisse d’une action physique ou d’une prise de parole sous toutes ses formes (Doctrine
interarmées DIA-3.10(A)_ du 23 juin 2014, amendée le 12 mars 2018).
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Ce contrôle peut être délégué ou adapté dans des circonstances particulières.
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