PRÉAMBULE Si dans le passé les conflits armés s’inscrivaient dans un continuum paix - crise - guerre, nous devons désormais envisager et préparer notre stratégie militaire selon le triptyque compétition - contestation - affrontement, plus pertinent pour aborder la conflictualité dans sa nouvelle complexité. En effet, la compétition entre grandes puissances s’est durcie et certaines puissances stratégiques ou régionales se sont enhardies et désinhibées. La guerre de l’information procède directement de cette nouvelle donne. Profitant des opportunités offertes par le cyberespace, le nombre et l’intensité des attaques menées dans ce milieu ne cessent de croître, visant le profit financier, la paralysie de systèmes étatiques ou privés, la captation de données ou la déstabilisation des institutions par la manipulation des opinions. Poursuivant les objectifs de la Revue stratégique de défense et de sécurité nationale de 2017, réaffirmés dans l’Actualisation stratégique de 2021, le ministère des Armées construit les capacités permettant à nos forces d’évoluer dans un cyberespace de plus en plus contesté. 4 La guerre de l’information est partie intégrante de toute stratégie militaire : sans capacité à convaincre et à contrer l’influence adverse, tout engagement militaire est voué à l’échec. L’avènement des réseaux sociaux a renforcé ce postulat, accélérant considérablement la circulation d’informations vraies ou fausses et augmentant dans le même temps le volume, la portée et la résonance de ces informations. Des agresseurs potentiels disposent ainsi de la capacité à mobiliser rapidement la violence, en parole et en actes, et à fragiliser la légitimité des différents acteurs du règlement d’une crise. La guerre de l’information s’est déployée dans le cyberespace, y trouvant un terreau particulièrement fertile. Engagées sous l’autorité du Président de la République sur les théâtres d’opération et dans des missions de souveraineté et de protection du territoire national, les armées françaises font l’objet d’attaques informationnelles dans le cyberespace, orchestrées par des groupes ou des États hostiles à leur action. Comme l’expose le chef d’état-major des armées dans sa vision stratégique1, il s’agit de faire de nos armées des forces plus agiles, capables de faire face aux nouvelles menaces. En un mot : « gagner la guerre avant la guerre », tout en étant en mesure de la conduire s’il le fallait. Pour y contribuer, les armées disposent désormais d’une doctrine de lutte informatique d’influence (L2I) qui organise et structure ce type de combat, offre un cadre et des outils pour l’action, ainsi que des clefs pour l’interopérabilité avec d’autres partenaires nationaux ou étrangers. Les opérations de L2I se déroulent dans un cadre strictement limité aux opérations militaires à l’extérieur du territoire national. Ce document complète le corpus doctrinal de cyberdéfense après la publication en 2018 de l’instruction ministérielle relative à la politique de lutte informatique défensive (LID), puis celle en 2019 d’une doctrine militaire de lutte informatique offensive (LIO). 1 Vision stratégique du chef d’état-major des armées, octobre 2021

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