2) LA GUERRE DE L’INFORMATION, UNE RÉALITÉ DÉJÀ QUOTIDIENNE POUR
LES ARMÉES
Un exemple d’attaque informationnelle sur Facebook contre l’opération Barkhane : circulation de fausses
informations visant à faire croire que des militaires français pillent des ressources au Mali.
L’actualité récente des opérations montre qu’un certain nombre de nos compétiteurs
et adversaires actuels ou potentiels ont pleinement intégré le besoin de maîtriser la
couche informationnelle du cyberespace, partie émergée de cet espace incluant
notamment le Web et les réseaux sociaux. Depuis une dizaine d’année, des groupes
terroristes et des États désinhibés y mènent des opérations. Ainsi, la France et ses armées
constatent, en particulier depuis les attentats de 2015, des appels à la violence et au
recrutement dans les mouvements terroristes ainsi que des actions de manipulation
de l’information.
Les manipulations de l’information s’inscrivent typiquement dans le cadre de
stratégies hybrides1 et donnent lieu à une véritable guerre de l’information. Elles visent
directement les capacités des armées françaises (ex : démoralisation des troupes)
ou la perturbation de la conduite de l’opération, notamment par la propagation de
fausses informations. Elles complètent des actions menées dans les champs militaire,
économique et diplomatique, dans tout le spectre de la conflictualité, du temps de
paix au conflit de haute intensité.
Typologie des acteurs menaçant les forces armées :
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- des structures étatiques ayant pour finalité, lorsqu’elles ciblent des États, de
les déstabiliser, de fragiliser leur cohésion ou encore de discréditer les pouvoirs
publics. Nos armées sont aujourd’hui confrontées en opération à des attaques
informationnelles ou des stratégies narratives étatiques sophistiquées, utilisant
parfois des intermédiaires ;
- des groupes armés organisés, des groupes armés terroristes et des quasi-États qui
exploitent le levier informationnel à des fins de propagande, de financement, de
recrutement ou de coordination pour nuire à leurs adversaires.
Stratégies combinant une palette d’outils hors du champ militaire pour affaiblir un adversaire sans passer le seuil du conflit
armé. La stratégie hybride peut se définir comme la « stratégie d’un acteur, étatique ou non, visant à contourner ou à affaiblir la puissance, l’influence, la légitimité et la volonté adverse tout en affirmant sa propre légitimité, en mettant en œuvre
une combinaison intégrée de modes d’action militaires et non militaires, directs et indirects, licites ou illicites, souvent
subversifs, ambigus et difficilement attribuables, visant à désorganiser et à paralyser et pouvant être engagés sous un seuil
estimé de risposte ou de conflit ouvert et dans le cadre d’une possible gestion d’escalade ».
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