Exposé de motifs
I. La nécessité d’un nouveau Code pénal
Le Code pénal en vigueur dans la Principauté d'Andorre est encore récent, car il
date de 1990. Cependant, la promulgation par la suite, en 1993, de la Constitution
présente les fondements de l’initiative politique d’entreprendre une reforme en
profondeur du texte pénal. Il fallait que l’articulation de l’Etat sur des bases
constitutionnelles atteigne la rédaction du premier code pénal approuvé par le
Conseil Général. D’autre part, la nécessité de modifications dans le texte en
vigueur, qui s’étaient manifestées tout au long de ces années par son application,
était évidente.
La fixation dans un corps législatif ordonné systématiquement et ayant une certaine
vocation de permanence, conformément à la tradition de codification, doit
contribuer à la stabilité et à la connaissance de la loi pénale, comme élément
essentiel pour définir le status libertatis du citoyen dans une société démocratique.
La volonté de rédiger un code entièrement accessible pour le citoyen est l’un des
aspects ayant le contenu politique du principe de légalité. C’est pourquoi, sans
oublier les fortes particularités du droit pénal andorran, basé sur des règles
prétoriennes et avec une grande participation de la jurisprudence, à partir du
moment où il s’agit de promulguer un nouveau code, il s’avère nécessaire de
s’adapter à la conception de légalité criminelle moderne des systèmes de droit
écrit. Le nouveau code doit consolider définitivement la vigueur matérielle des
principes de légalité criminelle et de sécurité juridique dans le droit pénal andorran,
sans préjudice de l’octroi du pouvoir interprétatif au pouvoir judiciaire, ce qui est
propre de la meilleure tradition andorrane et qui permet de fournir une réponse
adéquate aux exigences de justice matérielle.
Le Code pénal doit être uniquement, cependant, la pointe de l'iceberg d'un contrôle
social qui ne peut pas faire abstraction de la réalité normative sur laquelle il doit
forcément se projeter. La nature subsidiaire et de dernier ratio du droit pénal et son
caractère fragmentaire au moment de dessiner le scénario d’interdictions et de
normes le conformant, exigent une délimitation claire des divers instruments de
tutelle juridique extrapénales. Seulement ainsi le droit pénal peut éviter de tomber
dans des dysfonctions dans la tâche de tutelle des biens juridiques.
II. Principes généraux et structure
Le Code pénal d'un état de droit démocratique et social impose de façon incessible
la soumission de la loi pénale aux limites découlant de la reconnaissance
constitutionnelle des droits et libertés inviolables du citoyen. Bien que cette vision
garante se concrétise tout au long de tout le code, il a été considéré tout
spécialement important que celui-ci commence avec un titre préliminaire servant de
porte à tous les articles et conditionnant, moyennant le respect scrupuleux des
droits et des libertés du citoyen, l’application et l’interprétation du texte punitif et
même celui d’autres normes punitives pouvant être reflétées dans des lois
spéciales.
Ainsi, le titre préliminaire recueille d’abord la vigueur du principe de légalité pénale
(article 3.2 de la Constitution), avec toutes ses garanties et dérivations: taxativité et
19
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents