Enjeux
Le cyberespace est devenu un sujet majeur de négociation au sein des
organisations internationales dont les travaux portent désormais sur
l’ensemble du champ du numérique.
En 2013, les États ont reconnu que loin d’être d’un espace sans règle, le
cyberespace était régi par le droit international existant. Pour autant, le cadre
normatif international est encore en débat, ce qui, en l’absence d’avancée des
négociations, pourrait nuire à la préservation d’un cyberespace stable et sûr,
respectueux des droits fondamentaux et propice au développement d’une
économie prospère et de confiance à l’ère numérique.
Tandis qu’un nombre croissant de pays déclarent se doter de capacités
offensives, la conflictualité entre États trouve à s’exprimer de manière croissante
dans le cyberespace. Par ailleurs, les révélations de pratiques massives et de
techniques d’espionnage menées par de grands États ou des alliances d’États
contre d’autres — parfois alliés —, des personnes et des entreprises, ont accru
la défiance politique contre les pays à l’origine de ces pratiques et la méfiance
technique vis-à-vis de leurs produits et services. Ces révélations favorisent
aussi la prolifération de moyens techniques similaires.
Parallèlement, des groupes d’individus aux motivations et soutiens divers,
mercenaires recrutés mondialement et associés au gré des circonstances,
recourent régulièrement à des attaques informatiques dans le cyberespace pour
tenter de déstabiliser les autorités gouvernementales de nombreux pays ou des
entreprises qui les incarnent symboliquement. Des organisations terroristes
profitent par ailleurs de l’audience portée par les réseaux sociaux pour diffuser
une propagande destinée à attirer des volontaires et terroriser des populations.
Ces différents groupes bénéficient d’un impact médiatique constant.
Sur le plan économique, la tendance du début de la décennie se confirme.
Un petit nombre d’entreprises, portées par les États qui ont permis leur
développement, utilisent leur avance technologique, leur domination sur le
marché et leurs capacités financières pour préempter l’innovation numérique.
Cette privatisation du cyberespace au profit de quelques monopoles
condamne les autres acteurs du numérique à la dépendance et capte une part
trop importante de la valeur ajoutée du numérique pour que cette situation soit
supportable par les économies des autres pays.
S’il porte la croissance du monde, le cyberespace est devenu un lieu de
compétition souvent déloyale et de conflits, jusqu’à présent de basse intensité
informatique, de déstabilisation politique et d’hégémonie économique.
L’Europe a su identifier ces enjeux et tente d’apporter par le discours et
la réglementation des idées et des solutions plus respectueuses d’un
développement numérique durable, tant en matière de gouvernance d’internet
que de protection des données personnelles ou de sécurité informatique des
opérateurs essentiels à l’économie.
Parce qu’elle partage des valeurs communes avec d’autres États-membres de
l’Union européenne, la Principauté de Monaco doit y avoir avec eux un rôle en
matière de numérique.
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