FF 2016 une route déterminée ou à la stopper de facto; mais jusqu’à présent, de telles mesures ont simplement reporté les flux migratoires sur d’autres routes. Les personnes qui atteignent l’Italie prennent généralement la mer en Libye, où les structures étatiques largement défaillantes permettent aux bandes de passeurs de pratiquer leurs activités presque impunément. Un fort potentiel migratoire existe aussi dans les pays d’Afrique occidentale et centrale, où un changement même infime de la situation (p. ex. une détérioration de la situation politique ou économique) peut provoquer une augmentation du nombre des émigrants. Jusqu’ici, les motifs invoqués par les émigrants en provenance du Nigéria et d’autres États d’Afrique de l’Ouest étaient avant tout d’ordre économique, mais les combats qui touchent durablement le nord-est du Nigéria et les pays limitrophes sont venus s’y ajouter. Dans ce contexte, l’Europe n’est qu’un objectif secondaire; la plupart de ces personnes restent sur le continent africain. En 2015, la migration vers l’Europe a confronté les États se trouvant sur la route des Balkans et les États de destination à de gros problèmes. Les principaux États de destination, à savoir l’Allemagne, l’Autriche et la Suède, ont été fortement touchés. Les gouvernements de ces pays ont pris diverses mesures pour mieux contrôler le phénomène. Ainsi, certains États membres de l’UE ont réintroduit les contrôles à leur frontière ou ont durci leurs lois relatives à l’asile. Les démarches nationales mettent les accords de Schengen et de Dublin sous une forte pression. Au niveau de l’UE, des programmes prévoyant le déplacement de demandeurs d’asile se trouvant en Italie et en Grèce vers d’autres États européens, auxquels la Suisse a volontairement participé, ont été adoptés. La Commission européenne a aussi engagé une série de réformes dans le système Schengen/Dublin, dont la création d’une nouvelle agence chargée de la protection des frontières avec plus de prérogatives que l’ancienne et l’adaptation du code frontières Schengen pour pouvoir contrôler systématiquement les personnes bénéficiant de la libre circulation aux frontières extérieures des États membres de l’espace Schengen. Elle ambitionne également de réformer le règlement Dublin afin de favoriser une répartition équitable des responsabilités entre les États participants. Conséquences pour la Suisse La Suisse compte parmi les États industriels où l’âge moyen de la population augmente. D’un point de vue économique, elle est donc également confrontée au problème que pose une évolution défavorable de la pyramide des âges pour sa société. L’arrivée sur son territoire d’une main-d’œuvre étrangère peut atténuer cette tendance. Dans le même temps, les mouvements migratoires soulèvent des défis d’ordre social et au niveau de la politique de sécurité. En raison des conflits mondiaux, le nombre des demandes d’asile a augmenté en Suisse comme ailleurs, même si l’augmentation y demeure en deçà de la moyenne européenne. L’évolution de la situation dans les régions en conflit est incertaine, ce qui ne permet pas de prévoir avec exactitude la tournure que prendra le phénomène de la migration. L’augmentation des mouvements migratoires ne constitue pas en soi une menace pour la sécurité de la Suisse. Si la migration relève avant tout des politiques de 7568

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