FF 2016
contre, les circonstances qui entourent ce phénomène peuvent receler des enjeux
pour la politique de sécurité.
De façon générale, au vu de l’ensemble des menaces, le nombre d’acteurs ayant une
incidence sur la politique de sécurité et la diversité des moyens utilisés augmentent.
De plus en plus d’États, d’organisations, de groupes et d’individus disposent de
moyens et de possibilités d’action ayant des répercussions sur la politique de sécurité, la Suisse étant d’ailleurs souvent touchée (p. ex. cyberattaques, activités de
propagande, armes modernes). Les menaces et les dangers ont ainsi gagné en complexité, en interconnexion et en opacité, et cette évolution devrait se poursuivre.
Un développement essentiel, notamment pour la Suisse, est le fait que la géographie
et les distances ont perdu de leur importance. Alors que les caractéristiques naturelles ont jusqu’à présent toujours rempli une fonction importante de protection, ce
n’est plus guère le cas aujourd’hui pour un bon nombre de menaces qui ne s’arrêtent
plus au seul rivage d’un fleuve ou d’un océan. C’est justement ce qui les rend imprévisibles et donc dangereuses: elles se sont affranchies de la contrainte géographique et spatiale et un pays peut très rapidement être touché par des événements ou
des développements dont l’origine se trouve bien ailleurs. La réflexion et l’action en
politique de sécurité doivent donc tenir compte, plus que par le passé, du fait qu’un
pays peut être l’objet d’attaques massives, même lorsque ses frontières physiques
sont parfaitement surveillées et protégées. C’est tout particulièrement vrai pour les
activités dans le cyberespace.
Du fait que les événements sont reliés entre eux et sont imprévisibles, il est nécessaire de mener une réflexion plus poussée par induction sur la gestion des menaces
et des dangers , autrement dit en partant non pas de la menace en tant que telle et de
ses conséquences potentielles, mais des effets possibles d’un événement et de la
manière de les maîtriser. C’est la notion fondamentale de résilience, qui consiste à
améliorer la protection, la force de résistance et la capacité de régénération d’un
système global – en l’occurrence, celui de la Suisse –, par exemple en créant des
redondances dans les domaines tels que la communication ou l’approvisionnement
énergétique. Cette approche n’est pas nouvelle, mais elle doit être davantage ancrée
dans l’action et la réflexion en matière de politique de sécurité. En effet, bon nombre
des menaces réelles ne peuvent pas être supprimées; il faut donc se préparer à leurs
conséquences potentielles et à leur bonne gestion. Aussi est-il crucial de réaliser
rapidement un réseau de communication résistant aux crises, auquel le Réseau
national de sécurité et les exploitants des infrastructures critiques seraient connectés.
7592