FF 2016 afin d’éviter un conflit armé entre la Russie et l’OTAN, mais le risque qu’un tel conflit éclate a augmenté. Au vu de la situation tendue et des risques existants, la Suisse doit suivre avec attention et en continu les développements en Europe dans le domaine militaire et en politique de sécurité, tout en préservant et développant les capacités essentielles à sa défense, même si la possibilité qu’un conflit armé de grande ampleur éclate en Europe et que la Suisse y soit impliquée militairement est faible. Le développement de l’armée reflète l’évolution de la situation en Europe. Globalement, on peut affirmer qu’il est peu probable que la Suisse soit directement menacée par une attaque armée, que ce soit au sens traditionnel du terme ou sous une forme non conventionnelle, au cours des années à venir. On ne peut identifier aucun État ni aucun groupe qui dispose des capacités pour attaquer la Suisse par des moyens militaires et qui manifeste également l’intention de le faire. Davantage d’acteurs potentiels pour une attaque armée menée depuis l’extérieur de l’Europe Une attaque visant la Suisse pourrait, le cas échéant, être perpétrée de loin, soit en dehors des frontières de l’Europe. Outre le domaine de la cybernétique, les missiles balistiques ou les missiles de croisière entrent tout spécialement en ligne de compte. À l’heure actuelle, seuls quelques États sont à même de mener de telles attaques, mais aucun d’eux n’affiche ou ne laisse entrevoir la moindre intention de le faire. La prolifération mondiale des systèmes d’armement de ce type va cependant se poursuivre. D’ici à 2025, un nombre accru d’acteurs étatiques pourraient attaquer des cibles en Suisse depuis un emplacement très éloigné. La Suisse n’est guère une cible prioritaire, car elle n’intervient pas militairement dans des conflits internationaux. C’est pourquoi une attaque contre elle avec des armes à longue portée n’est pas vraisemblable dans les années à venir. En raison du nombre important d’acteurs potentiels et de la dynamique imprévisible des crises internationales, les pronostics sont cependant davantage sujets à caution que pour à un conflit militaire majeur en Europe. La crise en Libye dans les années 2008 à 2010 a montré comment un État peut prendre des mesures draconiennes contre la Suisse sans grand préavis. Si un acteur de ce type dispose d’armes à longue portée, il peut également menacer la Suisse et exercer un chantage sur elle, par des moyens militaires, en recourant à des méthodes traditionnelles aussi bien que non conventionnelles, telles que les cyberattaques contre des infrastructures critiques (p. ex. système financier, approvisionnement en énergie) ou un chantage portant sur des moyens économiques (p. ex. manipulation des flux de marchandises ou des flux financiers). 7584

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