FF 2016
et de prendre certains risques. L’acquisition d’un nombre conséquent de véhicules
ne se fera pas avant quelques années. À l’heure actuelle, on ne dispose que de peu de
données concrètes sur le développement des cybercapacités de ces forces armées,
mais il s’agit vraisemblablement d’un domaine hautement prioritaire. Il faut partir
du principe que les forces armées russes disposent de cybercapacités étendues et
qu’elles les utilisent non seulement pour appuyer des actions militaires, mais aussi
comme une ressource indépendante et dans des buts non militaires.
Malgré un renouvellement réussi et de grande ampleur, les forces armées russes
continuent à présenter des lacunes considérables, en particulier dans les domaines de
la reconnaissance et de la conduite. Il sera probablement difficile d’obtenir des
progrès dans ces domaines; il ne faut pas s’attendre à des résultats substantiels à
brève échéance. Dans d’autres domaines également, la Russie devra surmonter des
difficultés pour renouveler ses forces armées. Une mise en œuvre générale de la
réforme ainsi qu’une modernisation et un renouvellement de grande ampleur du
matériel seront difficilement réalisables, en particulier pour ce qui est des forces
terrestres, et prendront du temps. Dans le domaine du financement des réformes
militaires, la baisse du cours du pétrole et les sanctions économiques prononcées
contre la Russie en raison de la situation en Ukraine suscitent des incertitudes depuis
2014.
Il faut néanmoins s’attendre à ce que les forces armées russes enregistrent une augmentation substantielle de leurs capacités au cours des années à venir. Celles-ci se
répercuteront en particulier sur la capacité à gérer les conflits locaux, qui représente
une priorité des forces armées russes. Pour sécuriser son flanc sud, la Russie veut
avoir la possibilité d’intervenir militairement à tout moment avec de petites formations. Dans l’intervalle toutefois, les forces armées russes ne sont guère en mesure
de mener à bien des opérations d’envergure contre l’OTAN, en particulier parce que
la Russie ne peut pas, jusqu’à nouvel avis, obtenir la supériorité aérienne qui lui
serait nécessaire.
Incertitude quant au développement des capacités militaires conventionnelles dans
les États membres de l’OTAN
Après la fin de la guerre froide, presque tous les États membres de l’OTAN ont
réduit et réorganisé leurs forces armées. En raison de l’appréciation de la menace à
l’époque, celles-ci devaient être adaptées principalement à des engagements dans les
régions en crise et à des engagements de promotion de la paix. La plupart des États
de l’OTAN, en particulier les grands États, se sont ainsi efforcés d’augmenter les
capacités de transport de leurs forces armées.
Différents programmes de modernisation, en particulier les développements dans la
conduite de la guerre aérienne, améliorent les performances militaires, notamment
lors d’engagements dans les régions en crise. Une interconnexion étroite des systèmes de conduite, de reconnaissance et d’armement, combinée à une augmentation
de l’effet des armes, permet de réduire le nombre de systèmes tout en maintenant
leur performance. Ces dernières années, des progrès majeurs ont été accomplis dans
le domaine de la reconnaissance et de la capacité à combattre des cibles immédiatement et avec précision.
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