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activité perturbatrice dans le cyberespace constitue une agression armée. Dans ce
cas, il convient d’appliquer les principes établis suivants :
a)
Le droit de légitime défense dans le cadre d’une agression armée
imminente ou effective s’applique à tout agresseur, qu’il s’agisse d’un acteur
étatique ou non étatique;
b) Le recours à la force en cas de légitime défense doit se limiter à ce qui
est nécessaire pour répondre à une agression armée imminente ou effective et doit
être proportionnel à la menace considérée;
c)
Les États sont tenus de prendre toutes les mesures nécessaires pour
garantir la non-utilisation de leur territoire par d’autres acteurs étatiques ou non
étatiques dans l’objectif d’y mener des activités armées, y compris la planification,
la menace ou la perpétration d’agressions armées ou la fourniture d’une aide
matérielle à cet égard, à l’encontre d’autres États et de leurs intérêts.
Jus in bello. Le droit des conflits armés fixe les règles, dénommées jus in bello,
qui s’appliquent à la conduite des conflits armés, y compris celles régissant
l’utilisation d’outils informatiques dans le cadre d’un conflit armé. Les principes
clés suivants devraient notamment jouer un rôle important dans la détermination de
la légalité des cyberattaques pendant un conflit armé :
a)
Le principe de distinction exige que les attaques soient limitées aux
objectifs militaires légitimes et que les biens civils ne soient pas soumis à des
attaques;
b) L’interdiction des attaques sans discrimination comprend une
interdiction des attaques qui utilisent un moyen ou une méthode de guerre ne
pouvant raisonnablement pas être dirigé(e) contre un objectif militaire déterminé;
c)
Le principe de proportionnalité interdit les attaques susceptibles de
causer des pertes accidentelles de vies civiles, des blessures aux civils ou des
dommages aux biens civils qui seraient excessifs par rapport à l’avantage militaire
concret et direct visé.
Ces principes interdisent les attaques contre des infrastructures purement
civiles dont l’arrêt des services ou la destruction ne générerait aucun avantage
militaire significatif. En outre, le potentiel de dommages indirects devra être évalué
avant d’attaquer une cible militaire. En d’autres termes, une analyse du ciblage, telle
que traditionnellement effectuée dans le cadre d’attaques aux armes à énergie
cinétique (conventionnelles et stratégiques), devra être réalisée dans le cadre des
attaques informatiques.
Bien que les principes susmentionnés soient bien établis et qu’ils s’appliquent
au cyberespace, il est également vrai que l’interprétation de ces corpus de droit dans
le cadre d’activités dans le cyberespace peut présenter de nouveaux défis uniques
qui nécessiteront une consultation et une coopération entre les nations. Ce n’est pas
inhabituel. Le développement de nouvelles technologies rend souvent l’application
des corpus de droit existants délicate.
C.
Utilisation de mandataires
L’utilisation de mandataires pour mener des opérations perturbatrices constitue
un exemple de domaine dans lequel les caractéristiques uniques des technologies de
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