capital-risque de très grande taille est un facteur limitant pour l’émergence de grandes
entreprises numériques européennes alors que le modèle numérique est fondé avant tout
sur les rendements croissants et la génération d’externalités comme des effets du réseau.
L’émergence de fonds de capital-risque de taille critique doit être une priorité dans la
stratégie économique de l’Europe, notamment pour accompagner la phase de croissance. Le modèle de l’hypercroissance, qui repose sur l’acquisition de parts de marchés
au détriment de la rentabilité immédiate, ne peut se mettre en place qu’en présence d’une
forte industrie du capital-risque pour le soutenir.
Les autorités françaises s’engagent à soutenir l’action des start-up internationales,
notamment par le développement d’initiatives de diplomatie économique (par exemple,
la French Tech).
Dans ce domaine, la Commission se montre active et conduit une série de travaux visant à
stimuler l’investissement par les marchés financiers dans les entreprises en expansion et
innovantes : plan d’action pour l’Union des marchés de capitaux d’une part, mais aussi plan
d’investissement pour l’Europe avec notamment le Fonds européen pour les investissements
stratégiques (FEIS et FEIS 2.0). Dans ce cadre, pour catalyser les investissements privés
dans les marchés du capital-risque en Europe, la mise en place d’un fonds paneuropéen
investissant dans le capital-risque européen est également étudiée par la Commission.
Capitaux du secteur privé et soutien de l’Union européenne seront combinés pour attirer les
grands investisseurs institutionnels vers le capital-risque européen et démultiplier l’effet du
soutien apporté par l’Union européenne au secteur européen du capital-risque au bénéfice
des entreprises les plus prometteuses.
Afin de réaliser le marché unique numérique, il est nécessaire de garantir l’interopérabilité
des produits et services de technologies de l’information et de la communication (TIC) qui
doivent pouvoir être utilisés partout en Europe, évitant ainsi la fragmentation des marchés :
la définition d’une approche stratégique pour la normalisation et la certification de sécurité
des TIC, dans des domaines prioritaires, est donc primordiale. Il est également nécessaire
de réaffirmer, à l’échelle internationale, le rôle central de la normalisation pour l’interopérabilité face à des logiques propriétaires ou basée sur le pouvoir de marché, de renforcer
le système européen de normalisation et de certification de sécurité pour permettre à
l’Union européenne d’être un acteur influent au niveau mondial et d’assurer la promotion
des standards européens avec l’objectif que l’Europe conserve la maîtrise des conditions
techniques d’accès à son marché et ne voie pas sa capacité de régulation remise en
cause par les standards.
L’intensification des efforts en matière de formation, en particulier dans les domaines
scientifiques, ainsi qu’en faveur de la R&D, sont aussi indispensables au développement
d’un écosystème d’innovation européen.
Garantir des règles du jeu équitables en matière de concurrence et de fiscalité
L’application du droit de la concurrence aux activités numériques doit être systématique
afin que des positions dominantes n’entravent pas la dynamique d’innovation inhérente à la
numérisation de l’économie. Les plateformes numériques, si elles ont des effets positifs sur
la concurrence, sont aussi susceptibles d’abuser de leur position dominante, d’exercer leur
considérable pouvoir de marché au préjudice de l’innovation et du développement numérique (notamment des SME), ainsi que de verrouiller l’accès à certains marchés. L’analyse
concurrentielle de ces plateformes est complexe, et si le droit européen de la concurrence
fournit un premier cadre de contrôle, il semble nécessaire que de nouveaux outils soient développés pour appréhender de façon appropriée et en temps voulu les dysfonctionnements
et asymétries de marchés constatés sur les transactions des plateformes numériques.
La transparence sur la nature des données collectées permet de fournir aux consommateurs un critère de comparaison des offres. De même, la portabilité des données pourra
limiter les risques de verrouillage de l’offre. La pleine prise en compte, par les autorités
de régulation, de la vitesse des changements technologiques peut nécessiter d’accélérer
l’action des autorités nationales et européennes de la concurrence dans ces secteurs, et
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