élaborer leur législation nationale, la Convention rassemble une centaine d’États, ce qui en
fait un instrument de référence dans la lutte contre les usages criminels du cyberespace. Cet
instrument a un double objet : l’instauration d’une législation contre la cybercriminalité et la
mise en place d’un cadre de coopération judiciaire et policière. Il permet ainsi une harmonisation des législations nationales à partir de définitions communes des infractions, l’adaptation des moyens procéduraux aux contraintes particulières d’Internet et la mise en place de
points de contact permanents, qui sont trois éléments déterminants pour assurer l’efficacité
de la lutte contre la cybercriminalité. La convention dispose de deux autres atouts : un
Bureau d’assistance technique du Conseil de l’Europe sur la cybercriminalité chargé d’aider
les États à renforcer leurs capacités ainsi qu’un Comité de suivi de la Convention permettant
non seulement d’évaluer son application, mais aussi d’actualiser sa mise en œuvre grâce à
l’adoption de notes d’orientation qui rendent la Convention vivante et évolutive. La France
œuvre pour que le plus grand nombre d’États s’engagent dans la lutte contre la cybercriminalité selon les principes et les procédures établies par la convention de Budapest.
Comme le rappelle la Stratégie nationale pour la sécurité du numérique, la promotion et
l’universalisation de la Convention de Budapest, mais aussi le développement des capacités juridiques et opérationnelles des pays qui ne sont pas encore dotés de structures
de lutte contre la cybercriminalité, sont des objectifs prioritaires de la France dans ce
domaine. Au sein de l’Union européenne, la France promeut la mise en place d’un dispositif de coopération judiciaire simplifié entre États membres. Ces coopérations techniques
et structurelles constituent ainsi des compléments essentiels pour le renforcement de la
coopération opérationnelle entre acteurs de l’investigation. Elles se conjuguent avec le
partage des bonnes pratiques, en vue d’un rapprochement des standards et d’une efficacité opérationnelle accrue.
Au sein de l’Union européenne, la lutte contre les comportements illégaux dans l’espace
numérique doit être renforcée afin de garantir la sécurité sur Internet. Cette approche doit
se traduire par un effort des États membres en faveur de la mise en place de dispositifs
de coopération simplifiée, au niveau judiciaire et policier, entre États membres.
En complément de ces coopérations institutionnelles, une politique active de partenariat
avec le secteur privé doit être menée au niveau national européen et international. Elle
doit faciliter la prévention, l’échange d’informations, la lutte contre les contenus illégaux ou
contre l’utilisation par les criminels de moyens techniques leur permettant de se soustraire aux poursuites. La complète réussite de ce partenariat reste conditionnée à une
détermination au niveau international des obligations juridiques des entreprises étrangères
confrontées à la diversité des législations nationales. Une structuration rapide de ce dialogue tant au niveau européen qu’international doit accroître les capacités de lutte contre
la cybercriminalité.
Enfin, la France pourrait favoriser les partenariats et transferts de technologies à ses
partenaires qui chercheraient à renforcer leurs capacités défensives pour répondre aux
menaces cyber. Elle l’a notamment déjà fait avec le projet d’implantation à Dakar d’une
École nationale à vocation régionale (ENVR) annoncé le 13 et 14 novembre par le ministre
de l’Europe et des Affaires étrangères. Cette école, qui devrait être installée fin 2018, aura
pour vocation de permettre au Sénégal et aux partenaires régionaux de renforcer leurs
capacités en cybersécurité, notamment dans le cadre de la lutte contre la cybercriminalité
et en contre-terrorisme.
Combattre à l’échelle internationale l’usage du numérique à des fins terroristes
Ainsi, les récents attentats terroristes commis sur le territoire des États membres, comme
les enquêtes sur les projets d’attentats déjoués, ont mis en évidence le rôle décisif des
services de communications par voie électronique dans la préparation et la réalisation de
ces actes. Des appels à la haine et à la violence, comme des échanges faisant l’apologie
du terrorisme ou portant sur l’élaboration de projets d’attentats terroristes, sont diffusés
par le biais d’applications utilisées très couramment par le grand public.
Pour y répondre, la France, en concertation avec ses partenaires, allemands d’un côté,
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