Mais un défi d’une autre nature est apparu. Celui de la captation de richesses
numériques par un oligopole d’entreprises utilisant leur position dominante
pour gêner l’arrivée de nouveaux entrants et capter la valeur ajoutée de cette
économie naissante qui exploitera les données pour inventer de nouveaux
services, améliorer notre vie quotidienne ou rendre plus accessibles les
services publics. Parmi ces données figurent au premier plan nos données
personnelles, y compris celles relatives à notre vie privée. La maîtrise de
ces masses de données ouvre la voie à la déstabilisation économique et à
des formes sophistiquées de propagande ou d’orientation des convictions
ou des habitudes.
L’Organisation des Nations Unies (ONU) a reconnu en 2013 l’application au
cyberespace du droit international.
Alors qu’émerge une société massivement connectée, la responsabilité
de la sécurité numérique doit désormais être partagée par l’ensemble des
personnes résidant ou travaillant en Principauté. Un objet connecté ou un
service insuffisamment sécurisé par ses développeurs, la négligence d’un
décideur en matière de sécurité des systèmes d’information, le comportement
dangereux d’un prestataire ou celui d’un salarié mélangeant sans précaution
vie privée et vie professionnelle peuvent entraîner pertes de disponibilité, de
confidentialité ou d’intégrité d’informations essentielles, ruptures d’activité et
pertes économiques, accidents industriels et pertes de vies humaines ou
catastrophes écologiques et troubles à l’ordre public, susceptibles d’affecter
la vie de la Principauté de Monaco.
Jamais, en effet, la stabilité de notre avenir, porté par le numérique, n’a été
aussi dépendante des responsabilités de chacun et de celles, collectives, de
trois communautés d’acteurs.
La première communauté a la responsabilit�� de proposer et de mettre en
œuvre des technologies, des produits et des services dotés du niveau de
sécurité adapté aux usages et capables de parer les risques identifiés. Les
principaux acteurs de cette communauté sont les inventeurs et fournisseurs
de produits et services et leurs intégrateurs, les opérateurs de réseaux de
communications électroniques, les fournisseurs d’accès à internet ou les
fournisseurs de services informatiques distants.
La deuxième communauté a pour responsabilité de protéger la Principauté de
Monaco des prédateurs du numérique. Outre la mise en œuvre des politiques
de cybersécurité, il s’agit notamment de conduire de façon volontariste une
politique de développement des compétences techniques nécessaires
et de mettre en place un écosystème de confiance qui accompagne la
transformation numérique de la société, en défendant les personnes, nos
valeurs et nos intérêts dans le cyberespace. Cette responsabilité engage celui
qui la porte à exprimer sa position en faveur de solutions de sécurité. Cette
communauté est constituée des élus, du Gouvernement, des administrations.
La troisième communauté a pour responsabilité d’utiliser de manière réfléchie
les services et technologies disponibles, d’effectuer des choix raisonnés et
d’éviter les comportements à risque dans les actes de la vie numérique. Cette
communauté est constituée de tous les usagers, responsables d’entreprises,
acteurs de la société civile et particuliers.
L’État a pour rôle dans le cyberespace (le garantir la liberté d’expression
et d’action de la Principauté de Monaco et d’assurer la sécurité de ses
infrastructures critiques en cas d’attaque informatique majeure (objectif 1),
de protéger la vie numérique du grand public et des entreprises, de lutter
contre la cybercriminalité (objectif 2), d’assurer la sensibilisation et la
formation nécessaires à la sécurité du numérique (objectif 3), de favoriser le
développement d’un écosystème favorable à la confiance dans le numérique
(objectif 4), de créer des liens internationaux et améliorer la stabilité du
cyberespace (objectif 5).
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