FF 2016
En dehors du cadre de Schengen, la Suisse a conclu des accords de collaboration
avec les agences Europol, Eurojust et CEPOL, qui lui permettent de renforcer la
coopération en matière de lutte contre la grande criminalité et le terrorisme dans le
domaine policier et judiciaire.
D’autres instruments européens de coopération sont ouverts à la participation d’États
non membres de l’UE. Pour la Suisse, l’opportunité de participer à ces coopérations
est évaluée cas par cas. Il s’agit de mettre en regard l’utilité de ces instruments pour
les autorités judiciaires ou policières suisses et le coût intrinsèque de ces coopérations, non seulement sous l’angle financier, mais également pour les obligations
qu’implique une adhésion aux règles de l’UE, tout en sachant que ces règles peuvent
évoluer.
La Suisse estime que les instruments de coopération judiciaire et de coopération en
matière pénale en place sont appropriés et que l’adoption d’instruments supplémentaires prévoyant la reconnaissance et l’application directe de décisions judiciaires
étrangères ou du mandat d’arrêt européen ne s’impose pas à ce stade, même si elle
devra être réexaminée ultérieurement. En revanche, il est dans l’intérêt de la Suisse
de collaborer avec l’UE dans sa lutte contre le terrorisme, également en dehors du
cadre de Schengen. Les discussions portent sur la participation au système créé à
partir des directives PNR concernant la transmission aux autorités compétentes des
données complètes des passagers que les compagnies aériennes transportent. Il est
encore trop tôt pour dire si la Suisse y participera et dans quelle mesure. Pour
l’heure, elle vise une participation à la coopération Prüm pour l’échange de profils
ADN et d’empreintes digitales, qui est devenue un instrument important de la lutte
contre la criminalité transfrontalière ces dernières années. En outre, la participation à
la coopération Prüm est une condition sine qua non pour l’obtention, par les autorités suisses de poursuite pénale, d’un accès aux données contenues dans la base
Eurodac. Le Conseil fédéral a approuvé le mandat de négociation pour que les
autorités puissent accéder à la banque de données Eurodac 2014 et celui qui autorise
la participation à la coopération Prüm en 2015. De son côté, l’UE a approuvé le
mandat de négociation pour la coopération Prüm avec la Suisse en juin 2016; les
négociations devraient maintenant être rapidement menées à bien.
2.3.4
Conseil de l’Europe
Le Conseil de l’Europe, et tout particulièrement la Cour européenne des droits de
l’homme, ont vu leur rôle de garant naturel des droits de l’homme, de la démocratie
et de la prééminence du droit prendre de l’ampleur. Plusieurs instruments créés par
le Conseil de l’Europe contribuent au renforcement de la paix et de la sécurité sur le
continent, Suisse incluse. Il s’agit notamment de la convention sur la cybercriminalité36, conclue à Budapest et que la Suisse a ratifiée en 2011, et de la Convention du
Conseil de l’Europe pour la prévention du terrorisme 37, que la Suisse a signée en
36
37
RS 0.311.43
Le texte de la convention peut être consulté à l’adresse suivante: www.coe.int > Explorer > Bureau des traités > Liste complète > No 196.
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