FF 2016 L’approvisionnement électrique revêt, à cet égard, une importance toute particulière. Une panne de courant, le dysfonctionnement des infrastructures d’information et de communication ou encore un accident d’avion comptent parmi les principaux risques dans le domaine des catastrophes et des situations d’urgence. Dangers anthropiques latents En Suisse, les catastrophes anthropiques sont plutôt rares, mais elles peuvent avoir des répercussions complexes et étendues. Une pénurie d’électricité sur plusieurs semaines et à grande échelle constitue le principal risque pour la Suisse. Une pandémie de maladies infectieuses ne s’arrêterait pas aux portes de la Suisse, en dépit des normes d’hygiène élevées appliquées dans le pays, car notre pays est largement connecté à d’autres sociétés. Les expériences faites avec des pandémies de grippe et avec le SRAS montrent qu’il faut s’attendre à des pandémies de degré variable. Or, il est impossible de prévoir quand et où la prochaine pandémie va se déclarer, à quelle vitesse elle se propagera et quel sera son degré de gravité. Le degré de gravité des dernières pandémies (la grippe espagnole en 1918, la grippe asiatique en 1957, la grippe de Hong-Kong en 1968, les pandémies de H1N1 de 1977 et 2009) tend à diminuer, mais cela ne permet pas d’établir de prévisions. Une pandémie grave peut survenir à tout moment et avoir des répercussions majeures sur la société. Elle compte donc parmi les principaux risques pour la Suisse dans le domaine des catastrophes et des situations d’urgence. La diffusion rapide du virus MERS au ProcheOrient et en Corée du Sud appuie cette évaluation. Outre la sollicitation extrêmement élevée du système de santé, des restrictions ou un effondrement des services et infrastructures publics (police, services de sapeurs-pompiers, transports, infrastructures destinées à l’information et à la communication) peuvent avoir des répercussions sur l’ensemble de la société et sur l’économie. En plus des pandémies qui menacent directement l’être humain, celles qui frappent les animaux de rente (épizooties) renferment un potentiel majeur de dommages. 2.2.8 Conclusion Du point de vue de la politique de sécurité, les cinq dernières années ont connu des développements significatifs pour la sécurité de la Suisse. La relation entre l’ouest et l’est de l’Europe, la menace terroriste liée au djihadisme et les risques dans le cyberespace figurent au premier plan. Le premier facteur était le plus inattendu. La relation entre l’Occident et la Russie s’est fortement et durablement détériorée en raison de la situation en Ukraine. L’intervention de la Russie en Crimée et dans l’est de l’Ukraine a créé une nouvelle donne en matière de politique de sécurité, en révélant que certains étaient prêts à modifier par la force des frontières internationalement reconnues et à annexer des territoires en dépit du droit international. Il y a lieu de s’en inquiéter, car ces actions enfreignent des règles fondamentales, fermement établies en Europe et essentielles pour la sécurité. Il demeure certes peu probable que la Suisse soit elle-même directement victime d’une agression armée ou impliquée dans une telle agression. Néanmoins, la probabilité d’un conflit militaire en Europe et dans sa périphérie pouvant 7590

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