FF 2016
survenir qu’individuellement et indépendamment les uns des autres; cela reviendrait
à les sous-estimer en omettant les deux phénomènes ci-après:
–
D’une part, il faut considérer la combinaison ou l’enchaînement de différents
dangers et menaces. Ainsi, une catastrophe naturelle pourrait causer des
pannes d’approvisionnement, lesquelles pourraient, à leur tour, engendrer
une dégradation rapide de la sécurité publique. Une cyberattaque pourrait
occasionner une panne de courant à grande échelle, laquelle affecterait à son
tour la plupart des fonctions de l’économie et de la société, déclenchant alors
des réactions en chaîne qui toucheraient la population dans son ensemble. En
d’autres termes, lorsqu’une menace ou un danger devient réel, il est très probable qu’il en provoque d’autres. Il faut en tenir compte dans les mesures (et
aussi lors des exercices) liées à la politique de sécurité. Maîtriser uniquement une menace ou un danger spécifique ne suffit pas; il faut également
prendre en compte les interactions et les répercussions.
–
D’autre part, le lien avec la Suisse doit être perçu au sens large. La Suisse, sa
population et ses intérêts peuvent subir des préjudices même s’ils ne sont pas
une cible prioritaire ou ne sont pas visés du tout. En raison de ses rapports
étroits avec les pays voisins tout particulièrement, et même au-delà, la Suisse
est inévitablement touchée lorsqu’une menace se concrétise dans un État,
une économie nationale ou une société se trouvant dans son voisinage; en
politique de sécurité comme ailleurs, on parle de dommage collatéral. Si un
État situé aux abords de la Suisse participe à un conflit armé, s’il est la cible
d’attaques terroristes ou si son économie et sa politique sont minées par le
crime organisé, cela a également des conséquences sur la sécurité de la
Suisse. C’est pourquoi les menaces présentées ci-après sont importantes
pour la Suisse, même si elles ne sont dirigées directement contre elle, mais
contre son environnement proche.
2.2.2
Acquisition illégale et manipulation d’informations
L’espionnage à des fins politiques ou économiques contre la Suisse ou contre des
intérêts suisses a de tout temps existé. Le risque que des processus et des décisions
politiques ou le développement et la stabilité de l’économie soient influencés par des
informations falsifiées ou la possibilité que le pays soit touché par des actes de
sabotage n’a rien de nouveau non plus.
Outre les moyens traditionnels, comme le recours à des espions, les technologies de
l’information et de la communication sont de plus en plus souvent utilisées à des fins
d’espionnage, que ce soit pour s’introduire dans des réseaux informatiques, pour
manipuler des téléphones mobiles dans le but de mettre des personnes sur écoute ou
pour effectuer des recherches illégales par Internet. Des services de renseignement et
des entreprises confient aussi à des agences privées à but commercial (détectives,
cabinets de conseil) et à des pirates informatiques la mission d’obtenir des données
et des informations confidentielles.
Une évolution nouvelle, et qui prend de l’ampleur, est le fait que les informations
obtenues illégalement sont proposées dans un but commercial et qu’il existe désor7575