stratégie nationale pour la sécurité du numérique — PREMIER OBJECTIF
ENJEUX
L
a France est la cible d’attaques informatiques qui portent atteinte à ses intérêts
fondamentaux.
Aujourd’hui, lorsqu’un attaquant cible l’État, les
opérateurs d’importance vitale ou des entreprises
stratégiques, il cherche à s’installer durablement
dans le système d’information visé pour y voler
des données confidentielles (politiques, diplomatiques, militaires, technologiques, économiques, financières ou commerciales). Demain, un attaquant
pourrait prendre le contrôle d’objets connectés, interrompre à distance une activité industrielle ou détruire sa cible. Depuis 2011, une centaine d’attaques
informatiques d’importance ont été traitées, le plus
souvent en toute confidentialité, par les administrations et les prestataires de service compétents.
Parallèlement, des attaques informatiques destinées à frapper l’opinion publique accompagnent
les prises de position de la France sur la scène internationale, ses opérations militaires ou certains
débats publics. À titre d’exemple, les défigurations
de sites Internet qui ont suivi les attentats ayant visé
la France début 2015 ont eu un impact technique
faible, mais une portée symbolique souhaitée par
les attaquants. Dans le même ordre d’idée, l’attaque
informatique ayant entraîné l’interruption de service d’un média français à vocation internationale
visait également à frapper les esprits et favorise la
radicalisation conduisant à des actes terroristes.
Cette attaque a également montré la capacité d’attaquants déterminés à perturber le fonctionnement
d’une infrastructure à forte valeur symbolique.
Depuis plusieurs années, plusieurs États ont mis
en œuvre leur volonté politique et des moyens humains, techniques et financiers considérables afin
de mener, à notre encontre, des opérations informatiques à grande échelle dans le cyberespace.
Qu’elles soient connues par des documents publiquement révélés ou mis en évidence lors du
traitement d’attaques informatiques, les excès de
telles pratiques entament la crédibilité de certains
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« Les excès de telles pratiques
entament la crédibilité de certains de
ces États sur la scène internationale et
ruinent la confiance qu’il serait naturel
d’attribuer aux produits et services
numériques de leurs entreprises. »
de ces États sur la scène internationale et ruinent
la confiance qu’il serait naturel d’attribuer aux produits et services numériques de leurs entreprises.
Ainsi, le risque cybernétique, placé en troisième
position des menaces majeures pour la France par
le Livre blanc sur la défense et la sécurité nationale
de 2013, est aujourd’hui renforcé et constitue un défi
majeur posé à la France.
OBJECTIF
La France se donnera les moyens de défendre
ses intérêts fondamentaux dans le cyberespace. Elle
consolidera la sécurité numérique de ses infrastructures critiques et œuvrera pour celle de ses opérateurs essentiels à l’économie.
ORIENTATIONS
>
Détenir les capacités scientifiques, techniques
et industrielles nécessaires à la protection de l’information de souveraineté, à la cybersécurité et
au développement d’une économie numérique de
confiance.
Un groupe d’experts pour la confiance numérique
sera créé, sous l’égide du secrétariat d’État au numérique et de l’autorité nationale de sécurité des systèmes
d’information.
Le groupe d’experts pour la confiance numérique
réunira très régulièrement les administrations compétentes du premier ministre, des ministères de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de