A/66/152
mystification peuvent créer un climat d’incertitude et de confusion pour les
gouvernements, augmentant ainsi le potentiel d’instabilité de crise, les réactions
inappropriées et la perte du contrôle de l’escalade pendant des cyberincidents
majeurs.
Les principaux acteurs qui constituent ensemble
fonctionnement fiable du cyberespace sont notamment :
une
menace
au
Les criminels. Nombre d’outils malveillants sont le fruit d’initiatives
entrepreneuriales de criminels et de pirates informatiques organisés. La complexité
et la portée croissantes des activités criminelles soulignent le potentiel d’activités
malveillantes dans le cyberespace qui entravent la compétitivité nationale,
entraînent une érosion générale de la confiance en l’utilisation de l’Internet à des
fins commerciales et paralysent même l’infrastructure civile. Le volume et la portée
de telles activités augmentent.
Les États. De plus en plus de rapports publics isolés indiquent que les États
développent et recourent à des moyens leur permettant d’étendre les formes
traditionnelles de conflit étatique au cyberespace ou d’utiliser le cyberespace pour
les mettre en œuvre. Toutefois, il est toujours difficile de trouver des preuves
probantes concernant la source ou les intentions sous-jacentes aux événements dont
on suppose généralement qu’ils sont commandités par l’État. Comme c’est souvent
le cas, l’identité et la motivation de l’auteur ou des auteurs de l’infraction peuvent
uniquement être déduits de la cible, des conséquences et d’autres indices entourant
un incident.
Les terroristes. Actuellement, les terroristes n’ont pas les capacités de
compromettre des réseaux d’informations ou de mener des opérations entraînant des
conséquences physiques en se servant des technologies de l’information et des
communications. Toutefois, l’éventualité que ces capacités puissent émerger à
l’avenir ne peut être exclue. La plupart des experts conviennent que les terroristes se
basent actuellement sur les technologies de l’information et des communications
pour recruter, organiser leurs activités et solliciter des fonds. L’utilisation de
l’Internet pour organiser et effectuer une attaque terroriste spécifique à l’aide
d’armes à énergie cinétique peut constituer une menace particulière découlant de
l’utilisation de l’Internet par des terroristes.
Les mandataires. Les personnes ou groupes qui participent à des activités
malveillantes en ligne pour le compte d’autres acteurs étatiques ou non étatiques, à
des fins lucratives ou nationalistes ou pour d’autres motivations politiques
représentent une préoccupation croissante. Des pirates informatiques (appelés
« botmasters ») offriraient divers services malveillants au candidat le plus offrant.
Les caractéristiques uniques des technologies de l’information offrent un degré
élevé d’anonymat à ces acteurs et rendent illisible toute relation avec un coauteur, ce
qui offre à celui-ci la possibilité plausible de nier.
Les difficultés auxquelles sont confrontés les États dans la lutte contre de telles
menaces sont considérables. Étant donné les caractéristiques des technologies de
l’information et des communications, les actions de chacun de ces acteurs
malveillants ne sont probablement visibles que dans leurs effets. Par conséquent,
une identité hautement fiable ne peut être attribuée aux auteurs des crimes en temps
opportun, voire jamais, et la réussite est souvent tributaire d’un degré élevé de
collaboration transnationale. Le rôle croissant des mandataires complique le
14
11-41692