Développer une cybersécurité collective à l’échelle internationale
Afin d’accroître la confiance au niveau global, et de limiter la prolifération des risques et
des menaces dans l’environnement numérique, la France poursuivra un dialogue coopératif avec l’ensemble des acteurs privés et publics concernés, et l’ensemble des partenaires internationaux qui y sont prêts, sur le plan bilatéral comme multilatéral. La mise en
œuvre de mesures de confiance (exemple : réseau de points de contact d’urgence) sera
encouragée, notamment au sein de l’OSCE. L’émergence d’un cadre de cybersécurité
collective, que la France appelle de ses vœux, ne pourra reposer que sur les équilibres
définis par le droit international, et notamment la Charte des Nations unies.
Afin de prévenir les conflits dans le cyberespace, la France propose, dans la continuité
des travaux conduits à l’ONU, la consolidation et la mise en œuvre d’un socle
d’engagements de bonne conduite (« normes de comportement ») pour les États dans
le cyberespace. Tout État responsable doit notamment s’engager à :
• faire preuve de transparence sur son organisation et sa posture nationale en matière
de cybersécurité ;
• renforcer sur le plan national sa propre cybersécurité, et notamment celle de ses systèmes les plus sensibles, comme ceux des infrastructures critiques ;
• gérer les vulnérabilités informatiques de façon responsable, en s’assurant que son
mode d’organisation institutionnel national favorise une telle gestion ;
• adopter un comportement coopératif vis-à-vis de pays victimes d’attaques émanant de
son propre territoire, par application du principe de diligence requise, en particulier lorsque
l’attaque vise une infrastructure critique ;
• s’engager, hors contexte d’opérations militaires, à ne pas piéger ou endommager des
infrastructures critiques d’un autre État ou à détériorer leur capacité à fournir leur service
au public ;
• garantir les droits fondamentaux de ses citoyens en ligne et hors ligne, conformément à
ses engagements internationaux.
De plus, afin de favoriser une compréhension commune de l’applicabilité du droit international au cyberespace et de renforcer la stabilité de celui-ci, les États doivent reconnaître :
• la possibilité, pour tout État victime d’une cyberattaque, dans le cas où la situation est
assez grave pour être considérée comme une menace contre la paix et la sécurité internationales, de saisir le Conseil de Sécurité des Nations unies ;
• le droit pour un État victime d’une cyberattaque dommageable de prendre les mesures
techniques nécessaires et proportionnées visant à neutraliser les effets de cette attaque,
dans le respect de ses obligations en matière de droit international ;
• la possibilité pour un État de considérer comme une agression armée au sens de l’article 51 de la Charte des Nations unies une cyberattaque contre une infrastructure critique
paralysant, détruisant ou rendant inactives les fonctions et les activités vitales d’un État ou
causant de sérieux dommages à la population.
Enfin, l’irruption du numérique comme outil et espace de confrontation confère au secteur
privé, et notamment à un certain nombre d’acteurs privés systémiques, un rôle et une
responsabilité inédits dans la préservation de la paix et de la sécurité internationale. Il faut
donc que les États engagent entre eux, mais aussi avec le secteur privé et le monde de la
recherche, de nouveaux travaux afin de définir des formes de régulation originales, adaptées à l’évolution du monde numérique et permettant de renforcer la stabilité, la coopération et la confiance de tous les acteurs dans le cyberespace. Trois axes d’efforts devront
particulièrement être poursuivis :
• le renforcement de la sécurité des produits et des services numériques afin de s’assurer qu’ils ne peuvent pas être détournés de leur usage initial pour conduire des attaques
informatiques ;
• la lutte contre la prolifération et la commercialisation d’éléments malveillants dans le
cyberespace, notamment dans le cadre des accords de Wassenaar, où sera recherché un
encadrement plus strict et rigoureux de certaines technologies dont l’export pourrait avoir
Select target paragraph3
Connect to a paragraph
Connect to an entity
Disable highlights
Add to table of contents