A/68/156/Add.1
Indépendamment des capacités des divers États et de leur niveau de sécurité
dans le domaine informatique, il n’est pas rare que ceux-ci diffèrent les mesures
concrètes visant à augmenter leur résistance aux cybermenaces, voire les laissent
totalement de côté, à cause de l’incertitude qui entoure les risques et les moyens de
les prévenir efficacement, de la complexité et du caractère innovant des attaques
numériques, et du voile de secret qui recouvre les incidents individuels.
Mesures prises au niveau national
Établi en 1991, le Bureau fédéral de la sécurité informatique (Bundesamt für
Sicherheit in der Informationstechnik, BSI) a été le premier et principal prestataire
de services centralisés de sécrité informatique mis à la disposition du Gouvernement
fédéral. À ce titre, il définit des normes minimum de sécurité informatique à l’usage
de l’administration fédérale et tient le fichier central des incidents informatiques. Il
a par ailleurs vocation à donner des avis et des conseils impartiaux dans le domaine
de la sécurité informatique. Le BSI compte un certain nombre de grandes
réalisations à son actif, par exemple la Norme de gestion du dispositif de sécurité
informatique (IT-Grundschutz), l’équipe d’intervention informatique d’urgence à
l’intention des agences fédérales (CERT-Bund), la plateforme de gestion des
incidents et d’échange d’information (mise en place en 1994) et l’équipe
d’intervention informatique d’urgence à l’intention du citoyen (Buerger-CERT),
créée en 2006 afin de servir, d’informer et de sensibiliser le grand public. Le BSI
émet par ailleurs des alertes signalant les logiciels malveillants et les défauts de
sécurité des produits et services informatiques, informe les parties concernées (dont
les fournisseurs de matériel informatique et le grand public) et formule des
recommandations au sujet des contre-mesures à prendre.
Le plan national 2005 de protection des infrastructures informatiques, qui
s’adresse à la fois aux administrations publiques et aux industriels, a donné lieu à
l’élaboration d’une stratégie en matière de cybersécurité, adoptée par le
Gouvernement fédéral en février 2011 et qui vise à protéger les infrastructures
critiques.
Depuis 2008, le Gouvernement allemand et les exploitants d’infrastructures
critiques coopèrent dans le cadre d’un partenariat public-privé. Le Plan de
protection des infrastructures critiques (UP KRITIS) a institué des groupes de
travail qui étudient les différents aspects de la cybersécurité tels que la gestion des
crises, les exercices de simulation et la disponibilité des services critiques.
Le Centre national de veille informatique (Nationales IT-Lagezentrum), qui est
géré par le BSI, surveille la sécurité du cyberespace dans le pays et dans le monde
afin de pouvoir repérer et analyser rapidement les principales menaces et de
recommander des mesures de protection. En cas de crise, il élargit ses capacités en
se transformant en un Centre national d’action contre les crises informatiques
(Nationales IT-Krisenreaktionszentrum), capable de s’attaquer aux crises en cours et
d’en couvrir tous les éléments nationaux, à savoir notamment les réseaux des
services de l’État et les infrastructures critiques.
Conformément à la stratégie de 2011 en matière de cybersécurité, toutes les
autorités gouvernementales confrontées au problème de la cybersécurité doivent
coopérer étroitement et directement les unes avec les autres et avec le secteur privé
au sein du Centre national de cyberdéfense (Nationales Cyber-Abwehrzentrum),
géré et hébergé par le BSI.
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