FF 2016 Dans un monde où les acteurs sont de plus en plus nombreux et où ils affichent des intérêts diversifiés, les mécanismes de résolution des conflits des organisations internationales pourraient se trouver davantage paralysés, ce qui aurait pour effet d’entraver ou de retarder les décisions. Par ailleurs, le besoin de réglementations ira vraisemblablement croissant pour régler les problèmes régionaux et mondiaux et prendre des mesures économiques et militaires de stabilisation. De nouveaux forums, tels que le G20, gagneront en importance. La transition vers un ordre nouveau produira des tensions. Toutefois, elle ne débouchera pas nécessairement sur des conflits majeurs puisque les grandes puissances sont étroitement liées sur le plan économique et qu’elles le seront plus encore à l’avenir. Dans diverses régions, cette évolution n’ira cependant pas sans causer certaines fractures. Le conflit armé en Ukraine illustre une fracture de ce type, déclenchée par des dissensions internes et une attitude plus offensive de la Russie. En Afrique, au Proche-Orient et au Moyen-Orient, ainsi que dans le sud de l’Asie, il existe de nombreux facteurs susceptibles de déclencher des conflits internes ou interétatiques: des structures étatiques peu performantes et le manque de perspectives économiques et politiques peuvent fragiliser certains États. Le potentiel de déstabilisation dans ce domaine dépasse largement les frontières nationales. Europe, Russie et États-Unis La remise en question de l’ordre existant est déjà en cours en Europe et prend une tournure militaire particulièrement dramatique, à laquelle beaucoup ne s’attendaient pas. Un conflit armé est en cours en Ukraine. La Russie est perçue comme une menace, en Europe de l’Est en particulier. La Russie a surmonté une phase de faiblesse, vécue il y a 25 ans et ressentie comme une tragédie nationale, et commence à défier l’ordre international en Europe, tel qu’il s’est établi après la guerre froide. Après un long processus de développement et de réforme, elle est aujourd’hui plus forte qu’il y a 20 ans en ce qui concerne la centralisation de l’appareil politique et de l’administration, les structures de sécurité, les forces armées et l’économie. Les dirigeants russes appliquent de plus en plus une combinaison de moyens politiques, économiques et militaires et d’outils du renseignement et de propagande. Cette attitude a provoqué une levée de boucliers à l’Ouest. Dans la confrontation autour de l’Ukraine qui oppose la Russie à l’Occident, chacune des parties considère que l’autre a déjà franchi la ligne rouge, ce qui a conduit à une aggravation de la situation. Un retour vers le calme de ces vingt dernières années n’est plus à l’ordre du jour pour le moment. Les États-Unis demeureront la seule puissance d’envergure véritablement mondiale, malgré l’influence croissante d’autres États. Reste à savoir comment ils vont assumer, en cette époque de transition, leur responsabilité dans la stabilité de l’ordre international, non seulement dans le monde en général, mais à nouveau en Europe, tout particulièrement depuis que le conflit en Ukraine a éclaté. L’avenir de la politique de sécurité en Europe est incertain. Il est pour l’heure impossible de déterminer si la sortie prochaine du Royaume-Uni de l’Union européenne (UE) affaiblira à long terme le poids de cette dernière dans le domaine de la politique de sécurité ou s’il conduira au contraire à une nouvelle dynamique favori7557

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