FF 2016
catastrophes et les situations d’urgence ont existé de tout temps et ils continueront
d’exister. La question est de savoir comment ils évoluent et si la Suisse est correctement équipée pour y faire face de manière avisée et efficace.
Une liste des abréviations et un glossaire se trouvent à la fin du présent rapport afin
d’en faciliter la lecture.
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2.1
Situation actuelle
Tendances générales
La représentation ci-après des tendances générales et des menaces et dangers qui
pèsent sur la Suisse et sa population est faite de prévisions portant sur une dizaine
d’années, soit approximativement jusqu’en 2025. Les tendances actuelles peuvent
être extrapolées sur cette période et leurs conséquences évaluées. Pour certaines
évolutions, notamment le changement climatique, des prévisions à plus long terme
sont certes possibles, mais les implications pour la politique de sécurité ne peuvent
pas être évaluées sur une période aussi longue. Les pages qui suivent présentent
donc les grandes lignes des évolutions probables, qui peuvent servir de base à la
planification de mesures.
2.1.1
Passage à un ordre mondial multipolaire
Le système international traverse une phase de transition, passant de l’ère unipolaire
qui a caractérisé la période qui a suivi la guerre froide à une ère multipolaire. Les
forces politiques (mesurées à l’aune de facteurs tels que le poids économique, la
population, les dépenses militaires et les investissements dans les nouvelles technologies) se déplacent progressivement de l’Occident vers l’est de l’Asie et les pays du
Sud.
Les États-Unis, l’Europe et le Japon conserveront leur influence, mais la verront
vraisemblablement s’amoindrir par rapport à certains pays. Ils devront concéder une
place plus importante à des puissances tels la Chine, l’Inde et le Brésil (et dans une
moindre mesure à des pays comme l’Indonésie ou la Turquie), qui sont d’ores et
déjà des acteurs majeurs de l’économie mondiale. C’est également le cas de la
Russie, qui joue certes un rôle plus actif sur le continent européen, mais qui stagne,
tout au moins sur le plan économique, par rapport aux pays émergents. Cette évolution réduira, au cours de la décennie à venir, la prédominance de l’Occident dans le
système international.
La mondialisation de plus en plus forte de l’économie, de la technologie et de
l’information accroît également les possibilités dont disposent les acteurs non étatiques (groupes terroristes, crime organisé, mégapoles et empires économiques
mondiaux) qui conjuguent poids économique et innovation. Ces nouveaux acteurs
peuvent gagner en influence dans les conflits transfrontaliers et dans la recherche de
solutions à apporter à ces conflits.
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