FF 2016
du 15 mars 20167. En outre, la pratique en matière de politique de sécurité a évolué:
en Suisse même, principalement dans le cadre du Réseau national de sécurité (RNS),
qui a permis de renforcer la coopération entre la Confédération et les cantons, et à
l’étranger notamment avec la présidence de l’Organisation pour la sécurité et la
coopération en Europe (OSCE) en 2014.
Le présent rapport analyse les évolutions qu’a connues la politique de sécurité et met
en évidence les enseignements à en tirer. Il met en lumière les menaces et les dangers qui pèsent sur la sécurité de la Suisse. Il décrit également la situation à laquelle
la politique de sécurité de la Suisse est confrontée et la stratégie poursuivie en la
matière, ainsi que son mode de gestion et les moyens servant à l’appliquer.
Le rapport accorde une attention toute particulière à la description des menaces et
des dangers. Le Conseil fédéral a souhaité en établir une analyse exhaustive et
approfondie. C’est pourquoi des auditions ont été menées auprès de spécialistes de la
politique de sécurité en Suisse et à l’étranger; les résultats de ces auditions sont
publiés et intégrés dans le présent rapport. Un autre point majeur du rapport concerne la collaboration en matière de politique de sécurité dans le contexte régional.
Le Conseil fédéral répond ainsi à un postulat de la Commission de la politique de
sécurité du Conseil des États du 20 mai 2011, qui charge le Conseil fédéral
d’élaborer un rapport sur ce thème (Renforcement de la coopération de la Suisse au
sein de l’architecture de sécurité européenne; 11.3469).
Comme ce fut le cas pour le rapport précédent, les cantons ont été associés dès le
début aux travaux, dans l’esprit du RNS. Cette procédure montre que la politique de
sécurité de la Suisse est considérée dans une perspective globale et, partant, qu’elle
doit représenter l’ensemble des mesures étatiques prises à tous les échelons pour
assurer la sécurité de la Suisse et de sa population. Le rapport se fonde dès lors sur la
même définition au sens large de la politique de sécurité que le rapport de 2010:
La politique de sécurité recouvre l’ensemble des mesures prises par la Confédération, les cantons et les communes pour prévenir, écarter et maîtriser
les menaces et les actions politico-militaires ou criminelles ayant pour but de
limiter le pouvoir d’autodétermination de la Suisse et de sa population ou de
leur porter atteinte. Elle comprend aussi la maîtrise des catastrophes naturelles et anthropiques et autres situations d’urgence.
En d’autres termes, la politique de sécurité entre en jeu lorsque des États, des
groupes non étatiques ou des individus entendent imposer leur loi à la Suisse et à sa
population, leur porter directement préjudice ou porter préjudice à leurs intérêts, ou
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justifier de tels préjudices par la poursuite de leurs objectifs . La maîtrise des catastrophes naturelles et anthropiques est mentionnée à part, car elle ne repose sur aucune intention hostile.
L’importance que revêtent la politique de sécurité et ses instruments pour la capacité
d’action de l’État et sa crédibilité est incontestée. Les conflits, la criminalité, les
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de servir : pistes de réflexion
Ce dernier aspect concerne notamment le crime organisé. L’intention des organisations
criminelles n’est guère de nuire à la Suisse, mais elles s’accommodent du fait que leurs
actes peuvent porter atteinte à l’État, à l’économie, à la société ou à des particuliers.
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