FF 2016 Dans le même temps, une réduction quantitative des forces armées a été entamée, processus qui se prolonge jusqu’à ce jour. Cette réduction concerne aussi bien les effectifs que le matériel. La plupart des États membres de l’OTAN ont supprimé l’obligation générale de servir dans l’armée et disposent désormais d’armées professionnelles aux effectifs beaucoup plus réduits. Cette transformation se fait principalement aux dépens des formations mécanisées lourdes et a ainsi diminué considérablement les capacités de défense de l’OTAN contre une attaque conventionnelle en Europe. L’intégration de nouveaux membres n’a pas permis de compenser ce recul, en particulier parce que ceux-ci disposent de forces armées largement obsolètes ou peu performantes, ou parce qu’ils ne possèdent tout simplement pas de réelles forces armées. De façon générale, la réorientation décidée par l’OTAN au terme de la guerre froide a réduit sa capacité de défense de l’Europe. Sous l’effet du conflit actuel en Ukraine, du réarmement de la Russie et des ambitions de Moscou en Europe, la pression en vue d’un renforcement de la capacité de défense augmente en Occident également. Dans tous les cas, l’engagement militaire des États-Unis en Europe demeurera crucial pour la capacité de défense de l’Alliance. Celui-ci ne devrait pas être fondamentalement remis en question. Les États neutres du nord de l’Europe se sentent, eux aussi, de plus en plus menacés par la Russie. La Finlande et la Suède devraient, par conséquent, renforcer à nouveau leur capacité de défense au cours de ces prochaines années. Une possible adhésion à l’OTAN est certes en discussion dans les deux pays, mais elle n’est pas imminente. Probabilité d’un conflit majeur en Europe Pour qu’une menace soit réelle, deux composantes doivent être réunies: l’intention de commettre une attaque et la capacité de le faire. Or, les intentions évoluent rapidement, en particulier pour les régimes autocratiques, dans lesquels les décisions peuvent être prises par un cercle restreint de personnes. La mise en place de capacités demande, par contre, plus de temps. Une fois ces capacités réunies, et dans la mesure où les intentions de passer à l’attaque sont concevables, voire patentes, le temps de préalerte devient très court. La guerre froide présentait une situation similaire. Une détente est cependant intervenue par la suite et les capacités de mener à bien des opérations militaires majeures en Europe ont diminué, prolongeant les temps de préalerte avant un conflit militaire majeur sur le vieux continent. Cette époque est désormais révolue. En ce qui concerne les capacités, la modernisation des forces armées russes est en cours depuis quelques années déjà et leur puissance a été renforcée. Pour pouvoir être militairement à la hauteur de l’OTAN à tous les niveaux, et pas uniquement dans certains domaines militaires tels que les forces d’intervention spéciales, la Russie aura toutefois encore besoin de quelques années, sauf si les États occidentaux réduisent encore leurs capacités militaires. Toutefois, la situation a encore plus évolué en ce qui concerne les intentions: l’annexion de la Crimée et le conflit armé en Ukraine ont conduit à une aggravation rapide et marquée des tensions entre la Russie et l’Occident. Il faut s’attendre à ce que, de part et d’autre, des efforts soient déployés 7583

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