FF 2016
l’asile, des réfugiés, des migrations et de l’intégration, elle soulève néanmoins une
série de questions qui influeront sur la politique de sécurité. En outre, des personnes
en rapport avec les milieux terroristes ou ayant des intentions terroristes peuvent se
trouver parmi les migrants, comme l’ont montré les attentats en France, en Belgique
et en Allemagne. La migration peut favoriser les tensions ethniques ou l’extrémisme
violent, par exemple entre les diverses ethnies qui sont parties prenantes à un conflit
interne. Les migrants peuvent aussi influer sur le développement de la criminalité: la
violence, les infractions contre le patrimoine ou en lien avec la drogue, les falsifications de documents (faux documents de voyage ou de séjour) et les mariages de
complaisance sont eux aussi liés aux mouvements migratoires illégaux.
La migration, l’immigration clandestine organisée, l’exploitation et la traite des êtres
humains se favorisent mutuellement. Du fait des sommes élevées réclamées par les
passeurs, des migrants en situation irrégulière sont exploités pour rembourser leurs
dettes par le produit de leur travail. Cette méthode est d’autant plus facile à mettre
en œuvre pour les organisations criminelles lorsque les migrants manquent de
moyens et connaissent mal la langue du pays dans lequel ils séjournent. Les femmes
et les enfants risquent tout particulièrement d’être les victimes des responsables de la
mendicité organisée, de la prostitution forcée ou de l’exploitation de la maind’œuvre.
En prenant des mesures efficaces à court et à long termes, la Suisse s’engage dans la
lutte contre les causes de la migration et pour juguler les effets directs et indirects de
du développement de ce phénomène. Ces mesures s’inscrivent, pour une part, dans
sa politique étrangère et sa politique migratoire extérieure. Elle fournit ainsi une aide
humanitaire pour soulager sur place les populations dans le besoin ainsi que dans les
États de transit. Elle s’implique dans la protection des migrants dans les pays de
premier accueil et soutient les États touchés et leur population. Elle contribue à ce
que les réfugiés puissent construire leur vie dans leur pays d’origine sans dépendre
de l’aide d’urgence. Par son engagement, elle traite les causes socio-économiques et
politiques de la migration et contribue au développement sur un plus long terme et à
de meilleures perspectives. Par sa politique de paix et des droits de l’homme, elle
s’engage dans la prévention des crises et dans le traitement des conflits ainsi que
pour une résolution politique de la crise syrienne et d’autres conflits. Elle appuie de
surcroît, dans le cadre de dialogues régionaux et au niveau mondial, des approches
coopératives dans les questions de migration.
La Suisse s’implique également dans les mesures de l’UE. Par exemple, elle
s’engage pour une répartition plus solidaire des demandeurs d’asile et pour une
uniformisation à l’échelle européenne des normes les concernant. Une première
étape importante dans cette direction est la participation volontaire de la Suisse aux
programmes de l’UE sur la relocalisation et la réinstallation des personnes devant
être protégées. De même, dans le cadre de son association à Schengen, elle apporte
une contribution financière et dépêche des gardes-frontière auprès de l’Agence
européenne pour la gestion de la coopération opérationnelle aux frontières extérieures des États membres de l’Union européenne (Frontex). Elle prend aussi part
aux travaux du Bureau européen d’appui en matière d’asile et envoie des experts
dans le cadre des missions du bureau destinées à soutenir les États membres.
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