FF 2016
2.1.3
Persistance des crises, des bouleversements et de
l’instabilité
Ces dernières années, le contexte politique a connu une accentuation des crises et
des bouleversements, principalement en Afrique du Nord, au Proche-Orient et au
Moyen-Orient. Des États fragiles se trouvent à l’intérieur de ces régions, voire en
dehors; on assiste à une déliquescence, voire à une dissolution, de l’appareil étatique
dans un nombre croissant de régions. On peut en déduire que les bouleversements
vont se poursuivre, que la situation continuera de s’aggraver et que l’instabilité
perdurera.
En Europe, les circonstances n’ont rien de comparable avec celles de ces régions.
Néanmoins, sa stabilité économique, financière, sociale et, en partie aussi, politique
s’est révélée moins solide que ce que l’on pensait – initialement en raison de la crise
financière et de l’endettement, mais plus encore avec le conflit armé en Ukraine et
l’afflux considérable de réfugiés en provenance du Proche-Orient, du Moyen-Orient
et d’Afrique.
Régions en crise
La combinaison des bouleversements, des crises et de l’instabilité au Proche-Orient
et au Moyen-Orient est particulièrement explosive: outre des problèmes non résolus
datant de plusieurs décennies (conflit israélo-palestinien, tensions ethniques et
religieuses au Liban), on peut y voir comment des États et des sociétés fragiles et
affaiblis par des conflits sont le terreau de mouvements radicaux, pas nécessairement
d’origine locale, et qui ne verraient pas le jour si le contexte était plus stable. Ainsi,
certaines régions d’Irak et de Syrie sont contrôlées par une organisation terroriste
(«État islamique») et des combattants étrangers (dont beaucoup viennent d’Europe,
et notamment de Suisse pour quelques-uns d’entre eux) prennent part aux combats
dans ces pays. Des cellules d’Al-Qaïda et de l’organisation «État islamique» se
trouvent toutefois aussi dans d’autres pays de la région et ailleurs. Elles prospèrent
dans les régions en crise et profitent de l’incapacité des États à imposer leur monopole de la force armée et à contrôler leurs frontières. La faiblesse des structures
étatiques, le fait que des soulèvements contre le gouvernement ont réussi par le
passé, la légitimité douteuse des frontières définies par les puissances coloniales et la
résurgence d’identités dépassant le cadre des frontières menacent l’ordre établi dans
ces régions.
Le conflit autour du programme nucléaire iranien a pu être désamorcé par la conclusion d’un accord global entre l��Iran, les cinq membres permanents du Conseil de
sécurité de l’ONU et l’Allemagne, en juillet 2015. L’accord prévoit une restriction
massive des capacités de l’Iran dans le domaine nucléaire en même temps que la
levée des sanctions internationales à son encontre. Cet accord pourrait, s’il est mis
en œuvre, déclencher une nouvelle dynamique dans la région du golfe Persique,
l’Iran retrouvant un rôle de premier plan; reste toutefois le risque d’un conflit entre
l’Iran, principale puissance chiite, et l’Arabie saoudite, principale puissance sunnite.
La tension entre ces deux États est un facteur décisif dans plusieurs conflits régionaux (Irak, Syrie, Yémen).
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