FF 2016
médaille est que ses ressortissants et ses intérêts sont, de ce fait, aussi menacés par
des conflits et des actes de violence11.
L’industrie suisse externalise en partie la fabrication de produits dans des pays où les
coûts de production sont moindres. Cette pratique s’accompagne toujours d’un
transfert de savoir-faire, lequel peut ensuite être utilisé à mauvais escient dans le
pays de destination. Dans le secteur de la recherche également, la tendance est à
l’internationalisation, notamment en raison de la pénurie de main-d’œuvre spécialisée indigène qui sévit en Suisse.
La Suisse est fortement dépendante d’une utilisation sans perturbations de l’espace
extra-atmosphérique. Les instruments avec lesquels elle gère sa politique de sécurité
utilisent aujourd’hui des signaux de navigation provenant de l’espace, des images
satellites et des procédures de communication par satellite. Or, au vu de
l’importance de l’espace extra-atmosphérique et des développements internationaux,
elle est confrontée à un certain nombre de défis concernant précisément sa sécurité.
La Suisse n’exploite pas de satellites qui lui sont propres12 et n’est pas en mesure
d’assurer à elle seule l’exploitation et la protection d’un système spatial complet.
Étant donné que la disponibilité des prestations de fournisseurs commerciaux ou de
partenaires n’est pas garantie en cas de conflit, il convient de vérifier si la Suisse
doit mettre en place ses propres capacités, au moins dans des domaines partiels. Il
faut aussi mettre en évidence les dépendances qui existent vis-à-vis des applications
spatiales et la manière de les gérer. Il y a lieu d’apporter tout particulièrement des
éclaircissements dans des domaines tels que la reconnaissance par satellite (p. ex.
pour la surveillance d’infrastructures terrestres critiques), la navigation et le positionnement (p. ex. pour une navigation précise par tous les temps, au sol et dans les
airs) ou les systèmes de communication aériens et spatiaux. Pour ce faire, des organes étatiques civils et militaires doivent coordonner étroitement leurs activités et
collaborer avec le secteur de la recherche et de l’industrie en Suisse.
Au niveau international, la Suisse s’engage en faveur de l’utilisation pacifique de
l’espace extra-atmosphérique ainsi que de la stabilité et de la sécurité dans l’espace.
Elle s’engage contre la course aux armements et contre le maintien d’armes dans
l’espace. Elle plaide pour des réglementations internationales appropriées, applicables et qui tiennent compte des développements technologiques.
11
12
Les Suisses effectuent 9 millions de voyages à l’étranger par an environ et 700 000
d’entre eux sont des expatriés. Les intérêts de la Suisse à l’étranger sont représentés au
sein de 172 représentations étrangères (103 ambassades, 12 missions auprès des organisations internationales, 22 bureaux de coopération, 31 consulats généraux, 4 autres bureaux
extérieurs) et 195 consulats honoraires. S’y ajoute un grand nombre de sociétés et
d’organisations non gouvernementales entretenant d’étroites relations avec la Suisse, dont
certaines organisent des engagements humanitaires dans des régions en crise.
Un mini-satellite conçu par l’EPFL (Swiss Cube) a été envoyé dans l’espace en septembre
2009 pour photographier un phénomène luminescent dans les hautes couches de
l’atmosphère, provoqué par l’interaction entre le rayonnement du soleil et les molécules
d’oxygène. Il ne s’agit toutefois pas d’une utilisation opérationnelle d’un satellite par la
Confédération.
7563