A/68/98
I. Introduction
1.
L’avènement de la téléinformatique a obligé à redéfinir la question de la
sécurité internationale. Tout en présentant de précieux avantages économiques et
sociaux, ces technologies peuvent également être utilisées à des fins incompatibles
avec la paix et la sécurité internationales. Au cours des dernières années,
l’utilisation des technologies informatiques à des fins criminelles ou dans le cadre
d’actions perturbatrices a notablement augmenté.
2.
La coopération internationale est essentielle pour réduire les risques et
renforcer la sécurité. C’est la raison pour laquelle, dans sa résolution 66/24,
l’Assemblée générale a prié le Secrétaire général de poursuivre, avec l’assistance
d’un groupe d’experts gouvernementaux, l’examen des risques qui se posent ou
pourraient se poser et de lui présenter un rapport sur les résultats de ces travaux à sa
soixante-huitième session. Le présent rapport s’appuie sur celui de 2010 (A/65/201),
établi par un précédent groupe d’experts, qui a examiné la question et formulé des
recommandations pour les travaux à venir.
3.
Dans le rapport de 2010, le Groupe d’experts a recommandé de poursuivre la
concertation entre États sur des normes relatives à l’utilisation de l’informatique et
des communications par les États, afin de réduire le risque collectif et de protéger les
infrastructures nationales et internationales essentielles. Il a recommandé l’adoption
de mesures de confiance, de stabilité et de réduction des risques qui répondent aux
conséquences de l’utilisation de l’informatique et des communications par les États,
avec notamment des échanges de vues entre pays sur l’utilisation de la télématique
dans les conflits, et un échange d’informations sur les législations nationales et les
stratégies, les politiques, les technologies et les meilleures pratiques relatives à la
sécurité des systèmes informatiques. Il a souligné la nécessité de renforcer les
capacités des États susceptibles d’avoir besoin d’aide pour assurer la sécurité de
leurs systèmes informatiques et a proposé que des travaux supplémentaires soient
menés pour élaborer des modalités et des définitions communes.
4.
Depuis 2010, de nombreuses initiatives bilatérales, régionales et multilatérales
qui montrent l’importance croissante accordée au renforcement de la sécurité des
systèmes informatiques et de l’utilisation qui en est faite ont été lancées pour
réduire les risques qui menacent la sécurité publique et améliorer la sécurité des
pays et la stabilité à l’échelle mondiale. Il est dans l’intérêt de tous les États de
promouvoir l’utilisation de l’informatique et des communications à des fins
pacifiques et de prévenir les conflits qu’elle peut engendrer. Une vision commune
des normes, règles et principes qui régissent l’utilisation de la téléinformatique et
des mesures de confiance volontaires peuvent jouer un rôle important pour renforcer
la paix et la sécurité. Bien que les travaux engagés par la communauté internationale
pour relever ces défis n’en soient qu’à leurs prémices, un certain nombre de
mesures, de règles et de principes favorisant le comportement responsable des États
peuvent être recensés et pris en compte.
Menaces, risques et vulnérabilités
5.
L’informatique et les communications peuvent être utilisées à des fins aussi
bien légitimes que malveillantes. Tout système informatique peut être la source ou la
cible d’abus. Les utilisations malveillantes pouvant être facilement maquillées, il
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