A/68/156/Add.1
II. Réponses reçues des gouvernements
Allemagne
[Original : anglais]
[25 juin 2013]
Ensemble des questions qui se posent en matière de sécurité informatique
La numérisation des interactions économiques, administratives et personnelles
se poursuit et s’accélère, offrant des perspectives sans précédent, tant aux pays
industrialisés qu’à ceux en développement. Dans le même temps, la dépendance
croissante aux technologies de l’information et des communications crée des
vulnérabilités et des failles systémiques. Elle s’accompagne également d’une
interdépendance inédite de l’ensemble des acteurs, du particulier aux administrations,
en passant par les entreprises. Les cyberattaques prennent aujourd’hui la forme
d’activités malveillantes plus sophistiquées, comme les menaces persistantes
avancées ou les logiciels malveillants très évolués, qui visent des cibles stratégiques.
Guidées par la recherche de profits ou de renseignements visant à contrôler des biens,
des systèmes ou des infrastructures d’importance cruciale, ces activités nuisent
fortement aux gouvernements ainsi qu’à de nombreuses entreprises et organisations, y
compris aux opérateurs d’importance vitale, et sont bien connues pour les difficultés
qu’il y a à les détecter. L’innovation est si rapide qu’elle prend régulièrement de
vitesse les tentatives de sécurisation des technologies existantes. En outre, la relative
facilité avec laquelle on peut se procurer les outils et les procédés malveillants sur le
marché noir ou non réglementé accroît les risques, contre lesquels les méthodes
traditionnellement utilisées en matière de sécurité informatique ne peuvent protéger
nos environnements actuels.
Des pirates hautement compétents consacrent des moyens techniques et
financiers considérables à déceler des failles dans les systèmes informatiques et
télématiques afin de les exploiter à leurs propres fins. La difficulté à identifier avec
fiabilité les auteurs de cyberattaques, qui leur permet de mener des attaques
imputables à d’autres, pose des risques supplémentaires en matière de sécurité, tant
à l’échelon national qu’à l’échelon international, en particulier en raison des erreurs
d’interprétation et d’appréciation qu’elle génère. Il arrive souvent que des intrusions
visant à recueillir des renseignements aient, dans un premier temps, l’apparence
d’intrusions à des fins de destruction, ce qui accroît les risques d’erreur sur les
futures attaques et sur les violations qui peuvent les accompagner quant à
l’interdiction d’employer la force dans les relations internationales.
L’ambiguïté qui prédomine quant aux règles s’appliquant au cyberespace
accroît l’imprévisibilité qui règne en matière de sécurité de l’information.
Les systèmes de conduite des installations se sont révélés particulièrement
vulnérables aux opérations informatiques malveillantes dans les infrastructures
d’importance cruciale. Il existe des risques élevés de dommages collatéraux
incontrôlables à l’échelle mondiale, y compris d’infection des systèmes de contrôle
industriels susceptible d’avoir des effets destructeurs sur les infrastructures. Une
seule cyberattaque contre des infrastructures de télécommunications centrales pourrait
entraîner plus de perturbations à l’échelle mondiale qu’une attaque physique.
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