29 juillet 2015
JOURNAL OFFICIEL DE LA RÉPUBLIQUE FRANÇAISE
Texte 1 sur 120
II. – Le titre III du livre III de la quatrième partie du code de la défense est abrogé.
RAPPORT ANNEXÉ
Le rapport annexé à la loi no 2013-1168 du 18 décembre 2013 relative à la programmation militaire pour les
années 2014 à 2019 et portant diverses dispositions concernant la défense et la sécurité nationale est ainsi modifié.
Article 1er
Le premier alinéa est remplacé par trois alinéas ainsi rédigés :
« Ce rapport prend en compte l’actualisation en 2015 de la présente loi, conformément à son article 6. Il intègre
ainsi les évolutions du contexte stratégique intervenues depuis 2013 ; les grands principes de la stratégie de défense
et de sécurité nationale énoncés dans le Livre blanc, de même que les grands équilibres de la programmation
militaire, ne s’en trouvent cependant pas remis en cause. Par conséquent, si les paragraphes portant sur l’analyse du
contexte stratégique et de ses conséquences ont été réécrits afin de tenir compte des développements intervenus
depuis fin 2013, le reste du texte du présent rapport n’est modifié que là où cela s’avère nécessaire.
« La présente loi s’appuie sur l’analyse d’un environnement international en pleine évolution où s’est affirmé un
haut niveau de risques et de menaces pour la sécurité de la France et des Français. En conséquence, elle conjugue la
volonté de maintenir un niveau d’ambition élevé, adapté à ces besoins de sécurité et aux responsabilités
internationales de notre pays, avec la nécessité du redressement des finances publiques. Elle s’appuie à cette fin sur
la stratégie militaire renouvelée dans le Livre blanc de 2013 et sur une utilisation plus efficiente de nos moyens,
garanties par un niveau de ressources significatif, accru par rapport à la loi votée en 2013 pour tenir compte de
l’intensité des engagements de nos forces et des nouveaux besoins apparus depuis lors. L’effort de défense de la
France, devenu prioritaire dans ce contexte, sera renforcé en conférant un haut degré de priorité à la préservation et
au développement de nos capacités industrielles et en recherchant un plus haut degré d’interaction avec nos alliés et
partenaires.
« Sans constituer des ruptures, les crises qui se sont produites depuis 2013 sont caractérisées par leur soudaineté,
leur intensité et leur simultanéité. La menace des groupes armés terroristes a pris une dimension sans précédent.
Elle s’est de plus nourrie de l’imbrication croissante entre la défense de la France à l’extérieur des frontières et la
sécurité de la population française sur le territoire national. Au même moment, la crise ukrainienne repose d’une
façon inédite depuis de nombreuses années la question de la sécurité et de la stabilité des frontières sur le continent
européen. »
Article 2
Le 1 est ainsi modifié :
1o L’intitulé est ainsi rédigé : « Une stratégie de défense et de sécurité nationale confortée » ;
2o Le 1.1 est ainsi rédigé :
« 1.1. Un contexte stratégique qui se dégrade
« 1.1.1. De multiples foyers de crises simultanés
« Le Livre blanc de 2013 souligne une modification en profondeur de l’environnement stratégique de notre pays,
structurée par plusieurs évolutions majeures.
« Au plan économique, une crise financière internationale durable a modifié les rapports de forces internationaux
et limite particulièrement les marges de manœuvre des Etats-Unis et, plus encore, de l’Europe par une réduction de
la dépense et de la dette publiques qu’elle impose ; la crise qui en a résulté pour l’Union européenne et la baisse de
l’effort de défense largement au-dessous de 2 % du produit intérieur brut (PIB) dans plusieurs pays illustrent les
conséquences lourdes sur la construction de l’Europe de la défense.
« Au plan géopolitique, il y a lieu de relever :
« – les inflexions de la politique étrangère des Etats-Unis, dont la nouvelle posture stratégique privilégie les
alliances et coopérations multilatérales, supposent de la part des Européens une implication accrue dans les
zones où les intérêts de sécurité de l’Europe, au sens large, sont engagés ;
« – les conséquences des révolutions dans le monde arabe, qui restent difficiles à évaluer dans leur globalité
s’agissant de leur impact sur la sécurité nationale et européenne compte tenu de la proximité géographique de
cette zone ;
« – la multiplication des foyers de crise sur l’ensemble du continent africain.
« Depuis 2013, la situation internationale a de plus été bouleversée par des crises aussi soudaines que graves.
« En Afrique et au Moyen-Orient, la menace des groupes armés terroristes a pris une nouvelle dimension. Si
l’intervention française au Mali lancée en janvier 2013 a endigué la montée en puissance des groupes armés
terroristes (opération Serval), la crise n’est pas pour autant terminée. Elle a poussé les groupes les plus radicaux à
se disperser dans l’ensemble de la bande sahélo-saharienne (BSS), ce qui a nécessité de régionaliser mi-2014 le
dispositif français (opération Barkhane) en appui des cinq pays concernés (Mali, Mauritanie, Tchad, Niger,
Burkina Faso). Au cours de l’été 2014, en Irak et en Syrie, la militarisation de la menace terroriste s’est accentuée
et a franchi un nouveau seuil avec la progression de Daech, qui manifeste une volonté politique d’implantation